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Former via des serious games pour marquer les esprits

Développé par la société Daesign, Keep an Eye Out contient 5 épisodes, chacun représentant un environnement à risque pour la sécurité informatique de l’entreprise. De plus, le jeu teste les capacités d’action et de reflexion des joueurs.

Développé par la société Daesign, Keep an Eye Out contient 5 épisodes, chacun représentant un environnement à risque pour la sécurité informatique de l’entreprise. De plus, le jeu teste les capacités d’action et de reflexion des joueurs. - Daesign

"Les serious games comme outils de sensibilisation et de formation se généralisent. Ce format est à la fois ludique et très efficace. Mais les logiciels les plus créatifs techniquement sont également les plus chers."

Plusieurs études recensées dans une thèse soutenue en 2009, portant sur l’efficacité des jeux vidéo appliqués à la formation des collaborateurs, suggèrent que les serious games sont des outils suffisamment efficaces pour diffuser de la connaissance auprès des salariés.

"Les serious games permettent de capter l’attention des interlocuteurs car ils sont immersifs, voire ludiques. On joue sur leurs émotions", confirme Arnaud Rayrole, directeur général de Lecko un cabinet de conseil spécialisé dans le numérique qui a créé un serious game pour sensibiliser les managers aux limites de leurs pratiques collaboratives d’une part et évaluer leur appétence par rapport aux modes de collaboration alternatifs d’autre part. "Avec ce type de jeu nous arrivons à toucher entre 40% et 50% des managers, contre 10 à 15% avec une newsletter ou un sondage, ajoute l’expert. Les gens s’en souviennent et en parlent autour d’eux".

Les serious games augmentent l’engagement des collaborateurs

Ce format de communication se démocratise auprès de tous les métiers (ressources humaines, vente…) et s’applique à tous les domaines où il y a un fort besoin de sensibilisation. Ainsi, les membres du club informatique des grandes entreprises de France (CIGREF) ont conjointement financé un serious game sur la sécurité informatique baptisé "Keep an Eye Out".

En pratique, les joueurs entrent dans la peau de salariés manipulant des données confidentielles au sein de l’entreprise et en déplacement. Plusieurs scénarios d’une quinzaine de minutes les confrontent à des situations à risques, permettent d’évaluer leurs connaissances et de leur suggérer, au final, les bonnes pratiques. Pour Antoine Bajolet, responsable de la sécurité du système d’information de TDF, société membre du CIGREF ayant mis en place ce serious game, les premiers retours sont concluants. 'La relation au travail quotidien dans une grande entreprise est immédiat. Les salariés sont donc plus vigilants face aux risques informatiques, rapporte-t-il. Nous avons par exemple noté une hausse du nombre de signalement des messages d’escroquerie ou contenant des malwares".

Un format parfois coûteux

Toutefois, le RSSI insiste sur le fait qu’un serious game est un outil complémentaire aux autres moyens de sensibilisation à la cybersécurité (charte, fiche de poste, formations sécurité pour les équipes IT, messages d’alerte, etc.). Un format qui peut s’avérer couteux Mais créer un impact positif et durable dans la conscience des collaborateurs grâce aux serious games a un coût. Les plus sophistiqués relèvent en effet de la production de jeux video, à l’instar de Keep an Eye Out qui a couté plusieurs centaines de milliers d’euros.

Toutefois, des jeux moins élaborés techniquement permettent aussi d’obtenir des résultats satisfaisants. "Nous avons développé un jeu créatif mais moins coûteux à réaliser, explique Arnaud Rayrole dont le serious game, moins immersif a été utilisé par une dizaine d’entreprises françaises. De plus, à chaque étape du jeu, nous avons volontairement limité à trois ou quatre le nombre de possibilités d’évolution".

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Eddye Dibar