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En Chine, un superordinateur fait moins bien que les lycéens au bac de maths

AI-MATHS a encore des progrès à faire

AI-MATHS a encore des progrès à faire - STR

Le robot, appelé AI-MATHS, a obtenu un score inférieur à la moyenne obtenu l'an passé par les étudiants de la section littéraire. Ses concepteurs espèrent toutefois qu'il fera mieux l'an prochain.

Si le logiciel AlphaGo, le logiciel d'intelligence artificielle mis au point par DeepMind, a déjà infligé trois revers cuisants à Ke Jie, génie chinois du jeu de Go, il y a encore des domaines où l'homme surpasse la machine.

Preuve en est: les résultats peu glorieux d'un superordinateur qui, comme près de 10 millions de lycéens, a planché sur l'épreuve de mathématiques de l'équivalent chinois du baccalauréat.

Le robot -- en fait un ensemble de 11 serveurs qui a l'apparence d'une armoire noire -- a passé l'épreuve mercredi dans la ville de Chengdu (sud-ouest). L'engin avait droit à une pièce entière à lui tout seul.

Un examen bâclé par le super-ordi

Mais les résultats n'auraient pas fait vraiment honneur à ses parents s'il en avait eus: la machine, baptisée AI-MATHS, a récolté un 105 sur 150, a rapporté l'agence de presse Chine nouvelle. C'est moins que la moyenne obtenue l'an dernier par les étudiants de la section littéraire (109).

Seule consolation pour ses concepteurs: l'ordinateur a terminé l'épreuve en 22 minutes, alors que les étudiants avaient deux heures pour plancher. S'attaquant à une autre version du test, la machine a obtenu 100 sur 150. Il faut dire qu'elle l'a bâclée cette fois en 10 minutes.

L'ordinateur n'a pas eu à passer les autres épreuves qui se déroulaient mercredi et jeudi dans toute la Chine: chinois, langue étrangère et sciences ou épreuves littéraires. Pas moins de 9,4 millions de jeunes gens ont passé cette année ce "gaokao" indispensable pour entrer à l'université.

Un problème de langage

AI-MATHS, doté d'intelligence artificielle, de mégadonnées et de logiciels de reconnaissance vocale, des technologies mises au point par la prestigieuse université pékinoise de Tsinghua, est en effet plus doué pour les chiffres que pour le langage.

"Le robot a eu du mal à comprendre les mots 'étudiants' et 'professeurs' dans une question, il a donc eu zéro à cette question parce qu'il ne l'a pas comprise", a expliqué Lin Hui, patron de la société Zhunxingyunxue Technology, qui a mis la machine au point en 2014.

"J'espère que l'an prochain, elle s'améliorera en logique et dépassera les 130", a-t-il déclaré à Chine nouvelle.

J.M. avec AFP