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Ce projet fou d'Airbus remet l'Europe dans la course au transport du futur

Le groupe aéronautique vient de dévoiler Pop.Up, une voiture volante électrique et autonome. Un projet qui ringardise presque ceux sur lesquels planchent Google, Tesla et Uber.

C'est la vraie star du Salon de l’automobile de Genève. Et elle n'est signée ni d'un constructeur historique du secteur, ni de ceux qui, depuis des années, rêvent de leur tailler des croupières avec l'avènement de la voiture autonome. Pop.Up est le fruit de la collaboration entre Airbus, et une société de design et d'ingénierie, Italdesign. Avec cet engin capable de rouler et de voler sans pilote, le constructeur avance ses ambitions dans la mobilité urbaine.

Pour les courtes distances urbaines, cette voiture pouvant transporter deux passagers empruntera le réseau routier. Mais dès qu'elle se retrouvera dans un bouchon elle pourra faire appel à un module aérien propulsé par huit rotors contrarotatifs, similaire à ceux dont sont équipés les drones. De quoi la faire voler jusqu'à destination. Et dans les deux cas, de façon totalement autonome. L'intelligence artificielle déchargeant les passagers de toutes les contraintes de la conduite et du pilotage.

Un module compatible avec Hyperloop pour aller plus loin

Pop.Up ne se contentera pas de répondre aux défis de la mobilité de demain dans les grandes métropoles. Il pourra aussi être utilisé pour parcourir de grandes distances. Il s’intégrera alors à d’autres moyens de transport. On pense bien sûr aux avions, mais Airbus évoque une compatibilité avec des trains supersoniques de type Hyperloop. Ce qui n'a de sens que si le véhicule appartient à son utilisateur.

Mais Pop.Up vise surtout à s'intégrer dans un système d'usage à la demande. Les passagers ne seront d'ailleurs pas contraints de laisser l'engin dans une station de recharge. Pop-Up les déposera à l'adresse de leur choix et retournera tout seul chercher un nouvel utilisateur ou se recharger si nécessaire.

Reste désormais à savoir comment les villes pourront intégrer la circulation aérienne des flottes de Pop.up et à créer une réglementation adéquate. Mathias Thomsen, le directeur général pour la mobilité aérienne urbaine d'Airbus, le reconnaît: la mise en œuvre d’un dispositif multimodal aéroterrestre "nécessite une réflexion commune des secteurs de l'aéronautique et de l'automobile, ainsi qu'une collaboration avec les organismes gouvernementaux locaux chargés des infrastructures et des cadres réglementaires". Pour Jörg Astalosch, CEO d'Italdesign, il faudra aussi "prévoir une infrastructure durable et intelligente, des applications, l'intégration, des systèmes d'énergie, la planification urbaine" et anticiper "les aspects sociaux".

Lors de cette annonce, les deux groupes n'ont pas donné de calendrier pour le lancement de Pop.up. Ils relèvent seulement que les experts s'attendent à une "augmentation considérable de l'encombrement du trafic d'ici 2030". Un indice qui permet de penser que l'engin pourrait être prêt dans une décennie.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco