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Allemagne: une "débâcle des drones" à 500 millions

Un modèle de drone Euro-Hawk présenté au ministre allemand de la Défense, au centre.

Un modèle de drone Euro-Hawk présenté au ministre allemand de la Défense, au centre. - -

Le ministre allemand de la Défense, Thomas de Maizière, était entendu, ce mercredi 5 juin, par le Parlement, dans l'affaire des drones Euro Hawk. Les dépenses engagées sont excessives pour l’opinion publique.

L’Euro Hawk n’est décidément pas très de voler. Mi-mai, l’Allemagne avait annoncé qu’elle arrêtait là les frais, après avoir investi 500 millions d’euros, en pure perte, dans ce projet de drones européens, lancé en 2001.

Ce mercredi 5 juin, le ministre allemande de la Défense, Thomas de Maizière, était auditionné devant le Bundestag à propos de sa responsabilité dans cet échec, que la presse allemande n’a pas hésité à baptiser "la débâcle des drones".

Pas de certification pour la version modifiée par EADS

Les Euro-Hawk sont une version modifiée par EADS des drones Global Hawk, fabriqués par l’Américain Northtrop Grumman, et dont est équipée l’armée américaine. Le ministre allemand de la Défense avait expliqué, le 14 mai dernier, que le projet serait finalement abandonné. Le modèle Euro Hawk ne pouvait pas être certifié par les autorités aériennes européennes.

Ces drones de reconnaissance n’étaient pas équipés d’un système anticollision avec les avions de ligne, et la mise aux normes aurait coûté entre 500 et 600 millions d’euros supplémentaires, selon Berlin, sans garantie d’obtenir la certification au final.

La presse allemande affirme que des membres du ministère savaient le projet condamné depuis début 2012 et il est reproché au ministre de ne pas avoir interrompu le programme plus tôt.

"Je n'ai pas été suffisamment informé"

Thomas de Maizière a nié toute responsabilité personnelle et a rejeté la faute sur ses conseillers, qui ne l’auraient pas tenu au courant assez tôt des problèmes de l’Euro-Hawk. "Je n’ai pas été suffisamment informé" : voilà la ligne de défense présentée par le ministre allemand, ce mercredi 5 juin.

La pilule reste dure à avaler pour un pays adepte de la rigueur budgétaire, et pourrait avoir des répercussions sur l’avenir politique de Thomas de Maizière, parfois pressenti pour succéder à Angela Merkel à la tête des chrétiens-démocrates.

Un commande à venir, avec Israël ou les Etats-Unis

Comble du comble, mercredi 29 mai, le gouvernement allemand avait annoncé le possible achat de 16 drones étrangers, pour équiper son armée à partir de 2016. Les discussions sont en cours avec Israel et les Etats-unis.

Toutefois, aucune décision ne devrait être prise avant les élections législatives de septembre. Et en cas de victoire des sociaux-démocrates, Peer Steinbrück a affirmé, mardi 4 juin, que "l’Allemagne n’a pas besoin de drones".

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Audrey Dufour