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Pour les DRH, la vaccination en entreprise va poser un "problème de confidentialité médicale"

Invité de BFM Business ce mardi, le vice-président de l'Association nationale des DRH, Benoît Serre, a estimé que les modalités d'organisation de la campagne de vaccination en entreprise n'étaient "pas très claires".

Au tour des entreprises. A compter de jeudi, les salariés âgés de 50 à 64 ans et atteints de comorbidités pourront se faire vacciner, a fait savoir lundi le secrétariat d'Etat chargé des retraites et de la santé au travail. Un lancement de la vaccination en entreprise dont les modalités restent floues pour l'Association nationale des DRH (ANDRH) qui s'inquiète de surcroît de ses conséquences sur le respect du secret médical.

"Ce n'est pas très clair. (...) Ce sont les salariés de 50 à 64 ans atteints de comorbidités, mais c'est le médecin du travail qui va déterminer s'ils sont vaccinables ou pas, d'une part, et il faut qu'ils soient volontaires d'autre part", a détaillé ce mardi sur BFM Business Benoît Serre, vice-président de l'ANDRH. "Donc en théorie, l'entreprise ne va pas avoir connaissance du fait que tel ou tel de ses salariés a été vaccciné. Dans la pratique, cela va forcément se savoir", a-t-il ajouté.

L'ANDRH s'inquiète ainsi que les débuts de la campagne de vaccination en entreprise "posent un petit problème de confidentialité médicale parce que cela veut dire que les collaborateurs d'entreprise sauront qu'un tel a été vacciné et donc déduiront (...) qu'il est atteint de comorbidités".

Difficultés d'organisation pour les TPE-PME

Reste que l'ampleur de la vaccination en entreprise devrait rester "limité" dans un premier temps "puisque, de ce que j'ai compris, chaque médecin du travail ne recevra que dix doses, donc avant qu'on orchestre la vaccination entreprise, il y a un peu de temps", a souligné Benoît Serre.

Le vice-président de l'ANDRH regrette surtout que tous les moyens ne soient pas mis en place pour organiser de vastes campagnes ouvertes à l'ensemble des salariés. "Dans les grandes entreprises, on pourrait l'organiser. On le fait pour la grippe, on pourrait le faire pour le Covid". Il juge en revanche "assez probable" que les TPE-PME, qui "n'ont pas forcément de service de santé au travail intégré, ne savent pas comment faire".

En outre, "les médecins du travail vont nécessairement être débordés parce qu'ils ne sont pas nombreux", rappelle Benoît Serre. C'est pourquoi il réclame l'appui des pharmaciens: "Ce qu'on ne comprend pas, c'est pourquoi, comme la grippe, on ne demande pas aux pharmaciens de le faire. On pourrait imaginer qu'une PME va passer une sorte d'accord avec une pharmacie locale qu'elle connaît et cela permettrait d'étendre considérablement le nombre de personnes vaccinées", a-t-il conclu.
https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco