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Les abus des patrons français

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Denis Gautier-Sauvagnac, l’ancien président de l’UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie), ne part pas les mains vides. Il a négocié sa retraite avec l’UIMM.

Une étude du HayGroup parue en février dernier annonçait que, avec une rémunération de 5,87 millions d'euros en moyenne par an, les PDG français étaient les mieux payés d'Europe. Des salaires qui s'expliqueraient en grande partie par la présence de divers bonus.

Le sujet n'a pas fini de faire couler de l'encre puisque les montants négociés par DGS viennent d'être dévoilés. Il devrait toucher 1,5 million d’euros d'indemnité pour son départ forcé à la suite du scandale des retraits frauduleux des caisses de l’UIMM. Il a, de plus, négocié la prise en charge financière des frais de justice et d’une éventuelle condamnation dans cette affaire des retraits suspects d’argent. Dernière faveur accordée par l’UIMM, mais non pécuniaire celle-ci : le renoncement de l’organisme à toute poursuite contre lui.

Le 15 janvier, Denis Gautier-Sauvagnac a été mis en examen pour « abus de confiance » dans l’affaire des retraits suspects « en liquide » des caisses de l’organisation patronale. Au total, près de 19 millions d’euros ont été retirés entre 2000 et 2007. Cet argent aurait servi à financer les syndicats, de façon occulte.

Les arrangements entre l’UIMM et DGS auraient pour objectif d'acheter le silence de l’ancien président, quitte à ce qu’il soit condamné… avec une retraite dorée au bout.

Denis Gautier-Sauvagnac est le dernier en date à quitter « grassement » ses fonctions, mais il est loin d’être le plus gourmand. Pour preuve, ce florilège des derniers jackpots touchés par les patrons français.

Noël Forgeard (EADS) : 11 millions d’euros
Président d’Airbus de 1998 à 2005 puis co-président d’EADS jusqu’en 2006, Noël Forgeard bénéficie d’une indemnité de 8,4 millions d’euros (prime de départ et clause de non-concurrence) de l’avionneur européen à la suite de son licenciement. En plus de ce pactole, Forgeard encaisse les plus-values de ses stock-options juste avant l’annonce des retards de livraison de l’A380 : 2,6 millions d’euros. A la fin de 2007, la police ouvre une enquête sur un probable délit d’initié.

Daniel Bernard (Carrefour) : 38 millions d’euros
En 2005, lorsque Daniel Bernard est licencié par Carrefour, il est PDG du groupe de distribution depuis 1992. Il part avec un chèque de 9 millions d’euros d’indemnités correspondant principalement à sa prime de non-concurrence. Carrefour, de plus, provisionne 29 millions d’euros pour le paiement d’une retraite équivalente à son salaire annuel. Daniel Bernard est aujourd’hui vice-président du conseil d’administration du groupe anglais Kingfisher, premier distributeur européen d’outils et de matériels de bricolage.

Antoine Zakarias (Vinci) : 13 millions d’euros
La palme revient à l’ancien PDG de Vinci, l’entreprise de BTP. Antoine Zakarias démissionne en 2006 (poussé par le conseil d’administration). Il touche alors 13 millions d’euros de prime pour son départ. Et il tente aujourd’hui de récupérer, via une procédure judiciaire, les 200 millions d’euros de stock-options que Vinci lui devrait.

Stanislas Bertin