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La marque Saint Laurent s'engage à ne plus utiliser de fourrure

Défilé Saint Laurent à la fashion week automne-hiver 2020-2021 de Paris

Défilé Saint Laurent à la fashion week automne-hiver 2020-2021 de Paris - Anne-Christine POUJOULAT / AFP

La marque Yves Saint Laurent n'utilisera plus de fourrure à partir de la collection automne 2022. Appartenant au groupe de luxe Kering, elle était l'une des dernières à ne pas avoir pris cet engagement.

Saint Laurent et Brioni étaient les deux dernières marques du groupe de luxe Kering à utiliser de la fourrure animale. Elles y renonceront à partir de la collection automne 2022, a annoncé le groupe vendredi.

Dans le groupe, Gucci fut précurseur en s'engageant dès octobre 2017 à ne plus utiliser de fourrure à compter des collections printemps-été 2018. Dans la foulée, Balenciaga, Bottega Veneta et Alexander McQueen lui emboîtent le pas.

Depuis plusieurs années, de nombreuses marques de luxe dont des géants comme Chanel se sont détournées de la fourrure. Seuls Brioni et Saint Laurent n'avaient pas franchi le pas chez Kering, conduisant l'organisation de défense de la cause animale Peta à manifester le 10 mars devant la boutique Saint Laurent de l'avenue Montaigne à Paris, après les protestations exprimées sur les réseaux sociaux à propos d'une publicité où le mannequin Kate Moss posait dans une veste en renard.

Le "luxe moderne doit être éthique"

Une pétition de Peta demandait à Saint Laurent et Brioni de "rejoindre les centaines d'autres créateurs et enseignes - dont Armani, Burberry, Chanel, Gucci, Macy's, Michael Kors, Prada et Versace - qui refusent désormais de vendre des vêtements ou accessoires en fourrure".

Marie-Claire Daveu, directrice du développement durable de Kering,: "Nous considérons qu'abattre des animaux qui ne seront pas mangés strictement pour utiliser leur fourrure ne correspond pas au luxe moderne, qui doit être éthique, en phase avec son époque et les questions de société".

Quant aux "standards liés au bien-être animal" publiés par le groupe en 2019, ils "continueront d'être rigoureusement appliqués, s'agissant des autres fibres et matières animales", dit-elle. "Dans le luxe on est influenceur, on lance les tendances, donc on considère que cela fait partie de notre responsabilité de faire avancer les choses".

LVMH appelé à suivre la tendance

La démarche est saluée par la Fondation Brigitte Bardot qui appelle désormais le numéro un mondial du luxe, LVMH, à suivre la tendance "dans un même élan de progrès, de respect du vivant", a réagi Christophe Marie, son porte-parole.

LVMH (Louis Vuitton, Givenchy, Christian Dior...) a indiqué "laisser à (ses) maisons la possibilité de continuer à utiliser de la fourrure afin d'offrir à (ses) clients qui souhaitent en porter des produits réalisés de la façon la plus éthique et la plus responsable possible".

Il précise avoir banni les fourrures "d'espèces en danger". Une "charte du bien-être animal" encadre les approvisionnements du groupe, qui vise une "traçabilité sur 100%" de ses filières "d'ici à 2026".

Face aux pressions d'associations de protection des animaux et aux considérations éthiques d'une part croissante des consommateurs, de grandes maisons de couture, mais aussi de prêt-à-porter (Burberry, DKNY) ont renoncé ces dernières années à la fourrure animale.

La chaîne américaine de grands magasins Macy's a cessé d'en vendre début 2021 et la marque Canada Goose, connue pour ses blousons en plumes d'oie à la capuche ornée de fourrure de coyote, cessera d'en fabriquer d'ici fin 2022.

Pauline Dumonteil avec AFP