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La CGT agite la menace d'un conflit autour des retraites

La CGT a brandi jeudi la menace d'un conflit sur la question des retraites et appelé à une forte mobilisation des travailleurs le 1er mai, un "rendez-vous crucial" pour son secrétaire général Bernard Thibault. /Photo d'archives/REUTERS/Gonzalo Fuentes

La CGT a brandi jeudi la menace d'un conflit sur la question des retraites et appelé à une forte mobilisation des travailleurs le 1er mai, un "rendez-vous crucial" pour son secrétaire général Bernard Thibault. /Photo d'archives/REUTERS/Gonzalo Fuentes - -

PARIS - La CGT brandit la menace d'un conflit sur la question des retraites et appelle à une forte mobilisation des travailleurs le 1er mai, un...

PARIS (Reuters) - La CGT brandit la menace d'un conflit sur la question des retraites et appelle à une forte mobilisation des travailleurs le 1er mai, un "rendez-vous crucial" pour Bernard Thibault.

Pour le secrétaire général de la CGT, invité de RTL, un conflit est inévitable si le gouvernement ne joue que sur l'âge de départ et la durée de cotisation dans la réforme pour laquelle la concertation a été lancée cette semaine.

"Si le gouvernement persiste à vouloir maintenir des discussions telles que le Medef souhaite les avoir, à savoir jouer uniquement sur les curseurs âge de départ et durée de cotisations nécessaire pour avoir ses droits à la retraite, le conflit m'apparaît inévitable", a-t-il déclaré.

"L'effet de la crise économique sur les systèmes de retraites sur les années qui viennent se chiffre à plus de 600 milliards d'euros et ça, ce n'est pas de la responsabilité des salariés et ce n'est donc pas aux salariés de payer cette facture", a-t-il ajouté.

Bernard Thibault a de nouveau plaidé pour des cotisations sociales portant "sur l'ensemble des revenus et pas seulement les revenus du travail", et appelé à une large mobilisation sur les retraites le 1er mai, estimant que "le gouvernement ne rédigera pas la même loi s'il y a énormément de monde" dans la rue.

François Chérèque, le secrétaire général de la CFDT, a également demandé que les revenus du capital soient mis à contribution pour payer la note de la crise.

"Il serait insupportable de se dire qu'elle soit payée uniquement par les retraites et les salariés", a-t-il fait valoir sur France Info.

"En France, nous avons une inégalité forte : la fiscalité sur le travail est beaucoup plus forte que la fiscalité sur les revenus du capital", a-t-il souligné.

Le patron de la CFDT plaide donc pour un "rééquilibrage" qui passe, selon lui, par la suppression du bouclier fiscal et la création d'une tranche d'imposition supplémentaire sur les hauts revenus.

François Chérèque a ajouté que le débat ne pouvait être tranché d'ici la fin de l'été comme le souhaite le gouvernement, qui envisage le dépôt d'un projet de loi en septembre.

"On ne peut rester sur une réforme discutée en deux mois", a-t-il dit. "C'est une question de pacte social (...). Nous proposons que ce problème soit débattu jusqu'à la fin de l'année."

Véronique Tison, édité par Sophie Louet