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Drone: l'ultimatum d'Enders aux gouvernements européens

Tom Enders n'hésite pas à menacer les gouvernements.

Tom Enders n'hésite pas à menacer les gouvernements. - Guenter Schiffmann - AFP

Le patron d'Airbus menace de se retirer du projet de drone européen. La raison de son mécontentement : l'ingérence des gouvernements dans la phase industrielle.

Tom Enders tape du poing sur la table. Le patron d'Airbus a menacé, ce vendredi 19 juin, de retirer son groupe du projet commun de drone européen MALE si les gouvernements nationaux s'ingéraient trop dans la phase industrielle, dans une interview au Financial Times.

"La répartition des tâches doit être faite intelligemment et non pas d'une manière hautement politisée, fragmentée entre les pays", a déclaré Tom Enders au quotidien économique britannique. "Je n'hésiterai pas à me retirer de projets si j'ai le sentiment que cela mène droit dans le mur", a-t-il ajouté.

Un marché dominé par les Etats-Unis et Israël

Les gouvernements allemand, français et italien ont donné en mai le feu vert à des études techniques en vue de l'élaboration d'un drone de reconnaissance de type MALE (moyenne altitude longue endurance) européen, marché dominé par les États-Unis et Israël.

Ce projet est porté par Airbus Group, Dassault Aviation et Alenia Aermacchi (groupe Finmeccanica) qui leur avaient soumis en mai 2014 une proposition concrète pour construire ensemble un drone militaire d'ici 2020/2025. L'étude de définition et la fabrication d'un prototype seront dotés d'un budget de 60 millions d'euros sur deux ans.

Rome, Berlin et Paris se sont engagés à apporter 20 millions d'euros chacun. A terme, le programme pourrait représenter un milliard d'euros d'investissements.

D. L. avec AFP