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Deux semaines après la reprise de l'aciérie Ascoval, British Steel au bord de la faillite

British Steel

British Steel - Lindsey Parnaby / AFP

Quelques jours après sa reprise de l'aciérie d'Ascoval, le sidérurgiste britannique a dit chercher à obtenir un soutien financier. Le gouvernement britannique aurait déjà lancé des préparatifs en vue d'une possible faillite du groupe.

Le groupe britannique de sidérurgie British Steel, repreneur de l'aciériste Ascoval le 2 mai dernier, a annoncé ce mardi mener des discussions afin d'obtenir un soutien financier. La presse britannique évoque de son côté un risque de faillite.

Dans une déclaration transmise à l'AFP, British Steel a indiqué "poursuivre des discussions à propos d'un nouveau soutien financier pour aider le groupe à répondre aux problèmes liés au Brexit tout en continuant ses projets d'investissement". Il rappelle avoir déjà dû faire appel à l'aide du gouvernement britannique le mois dernier pour payer auprès de Bruxelles une facture liée aux émissions de CO2. 

Faillite imminente? 

Le groupe met ses difficultés sur le compte du Brexit dont les incertitudes "représentent un défi pour l'ensemble des entreprises dont British Steel et nous conduisons des discussions constructives avec les parties prenantes pour les affronter", souligne-t-il.

Un peu plus tôt, la chaîne d'information Sky News a révélé que le gouvernement britannique avait lancé des préparatifs en vue d'une possible faillite du groupe. Selon Sky News, le gouvernement élabore en secret des préparatifs, en mobilisant des experts en faillite, pour parer à une éventuelle cessation de paiement du groupe. British Steel chercherait notamment auprès des pouvoirs publics un financement de 75 millions de livres afin de poursuivre son activité dans les prochains mois.

La chaîne d'information, qui n'identifie pas ses sources, indique qu'un soutien financier avait été décidé par le gouvernement début mai mais que sa conclusion a pris du retard. Une source explique même qu'une partie du groupe pourrait se placer sous le régime des faillites dès mercredi. Interrogé par l'AFP, le ministère de l'Économie n'a pas souhaité faire de commentaire sur ce qu'il a qualifié de fuite.

5.000 emplois menacés

De son côté, le syndicat GMB a appelé le gouvernement à accorder au plus vite le prêt réclamé par British Steel. "Des milliers d'emplois britanniques sont en jeu, sans parler de l'avenir de notre industrie sidérurgique", a déclaré Ross Murdoch, responsable national du syndicat.

Une faillite de British Steel menacerait ses 5.000 employés et mettrait un coup d'arrêt à son développement en Europe, marquée récemment par la reprise de l'aciérie Ascoval en France. Le tribunal de grande instance de Strasbourg avait confié début mai au britannique la reprise de ce site à Saint-Saulve (Nord), représentant un soulagement pour les 270 salariés. 

Le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire avait immédiatement salué la nouvelle et le président de British Steel France avait alors assuré tout faire pour que l'entreprise soit rentable sur la durée. British Steel est né du rachat de la division européenne de produits longs du géant indien Tata Steel (rails, section de construction) au printemps 2016 par le fonds d'investissement Greybull Capital.

Paul Louis avec AFP