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Des locomotives allemandes bientôt sous pavillon chinois

Vossloh, un groupe allemand coté en Bourse, a choisi il y a quelques années de se recentrer sur le domaine des infrastructures ferroviaires.

Vossloh, un groupe allemand coté en Bourse, a choisi il y a quelques années de se recentrer sur le domaine des infrastructures ferroviaires. - -

Le groupe allemand d'infrastructures ferroviaires Vossloh va céder son activité de construction de locomotives au chinois CRRC ZELC, le numéro un mondial du matériel ferroviaire roulant. C'est un nouveau signe de l'appétit de la Chine pour les entreprises industrielles européennes.

Le groupe allemand d'infrastructures ferroviaires Vossloh va céder son activité de construction de locomotives au chinois CRRC ZELC. Le repreneur, fondé en 1936, est une filiale du plus grand fabricant de matériel roulant au monde, redouté en Europe, le puissant chinois CRRC, qui mettrait ainsi un pied en Allemagne, au coeur du marché européen ferroviaire.

De son côté, le conseil de surveillance de Vossloh AG a déjà approuvé la cession. Le prix de vente, encore passible d'ajustements, devrait se situer à "quelques millions d'euros", a indiqué ce groupe coté en Bourse. CRRC ZELC est le "partenaire stratégique optimal" parce qu'il dispose des "ressources nécessaires pour poursuivre le développement à long terme de l'activité" de production et d'entretien de locomotives logée dans la ville de Kiel au nord de l'Allemagne, a justifié le PDG de Vossloh, Andreas Busemann.

L'activité Locomotives est la dernière des trois activités d'origine de la division Transport cédée par la firme allemande depuis sa décision de se concentrer sur l'infrastructure ferroviaire. Les ex-unités commerciales Véhicules ferroviaires et Systèmes électriques ont été vendues en 2015 et 2017 respectivement. La transaction reste toutefois soumise au feu vert d'autorités en Europe et en Chine.

Le ministère allemand de l'Économie n'a pas commenté ce cas particulier, se contentant de rappeler la loi en vigueur sur le commerce extérieur qui implique un examen strict dès qu'une prise de participation provient d'un acteur situé en dehors de l'Union européenne.

Et cette acquisition intervient alors que Berlin envisage de prendre des parts dans certaines de ses entreprises stratégiques menacées par les investissements étrangers, une flèche décochée à la Chine friande de mettre la main sur la production "made in Germany".

En mai 2016, Midea, grande entreprise chinoise d'électroménager, avait fait une offre d'acquisition sur l'industriel allemand de la robotique Kuka pour 5 milliards de dollars. Cette acquisition, finalisée en janvier 2017, avait à l'époque choqué l'Allemagne qui déplorait la perte de souveraineté sur un de ses fleurons industriels,vecteur d'innovations. Ce rachat avait suscité la naissance d'un dispositif anti-OPA l'année suivante pour protéger ses entreprises jugées stratégiques.

Frédéric Bergé