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Un ancien de Tesla veut créer une "Gigafactory" européenne

Peter Carlsson cherche à lever 4 milliards d'euros pour son projet qui a déjà attiré plusieurs investisseurs.

Peter Carlsson cherche à lever 4 milliards d'euros pour son projet qui a déjà attiré plusieurs investisseurs. - Tesla

Le Suédois Peter Carlsson, ancien vice-président de Tesla en charge des approvisionnements du groupe américain, veut créer la plus grande usine de batteries pour voitures électriques d'Europe. Sans que l'on sache s'il veut fournir ou concurrencer son ex-employeur.

Qui connaît Peter Carlsson? Pas le grand public. Elon Musk, en revanche, le connaît bien. Son ancien subordonné fut vice-président de Tesla, en charge des approvisionnements. L'homme a quitté le groupe américain fin 2015 avec une ambition: créer en Europe la plus grande usine de batteries pour voitures électriques du continent. Northvolt, la société de ce Suédois, a un modèle en tête: la Gigafactory de Tesla aux États-Unis. Et il veut devenir le principal partenaire des constructeurs automobiles européens.

Pour l’instant, le pari n’est pas gagné. D’abord, Peter Carlsson doit trouver un site. Et si, le gouvernement de son pays d'origine aimerait que l’usine s’installe en Suède, le dirigeant ne semble pas privilégier cette piste. Il a indiqué au journal Breakit, hésiter pour le moment entre une implantation en Allemagne, au Portugal ou aux Pays-Bas. Dans tous les cas, 3.000 emplois sont à la clé.

Les travaux devraient démarrer en 2018 pour que l'usine soit opérationnelle en 2023. Mais surtout, l’entrepreneur doit lever des fonds. Il a besoin de 4 milliards d’euros sur les six prochaines années.

Un marché naissant mais déjà très concurrentiel

Peter Carlsson ne dit pas de combien il dispose déjà, mais son projet a déjà séduit quelques investisseurs, comme l’indique Reuters. Parmi eux, le fournisseur d’énergie (électricité et gaz) Vattenfall, l'équivalent d'EDF en Suède, et des agences suédoises pour l’énergie et l’innovation. Ces fonds ont permis d’ouvrir des bureaux à Stockholm et de recruter du personnel. 

Reste aussi à trouver des clients. Car déjà, la concurrence se durcit en Europe sur ce marché qui atteindra 6 millions de véhicules électriques ou hybrides en 2025. Face à Northvolt, il y a déjà un Japonais (Panasonic), deux Sud-Coréens (LG Chem et Samsung) et un Allemand (BMZ). 

Mais comme l’indique Peter Carlsson, le site suédois ambitionne de devenir le partenaire de Tesla en Europe. "Nous ne sommes pas des rivaux. Nous voulons vendre des batteries, pas des voitures". Les deux hommes en auraient déjà parlé par téléphone et selon le patron suédois, Musk "a été bref, mais trouve l’idée intéressante".

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco