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Sommet européen: les ambitions modestes du débat sur l'énergie

La politique européenne en matière d'énergie sera l'un des sujets du sommet européen de mercredi.

La politique européenne en matière d'énergie sera l'un des sujets du sommet européen de mercredi. - -

Avec le dossier de l'évasion fiscale, les dirigeants des 27 pays de l'UE, réunis ce mercredi 22 mai à Bruxelles, discuteront de la politique énergétique européenne. Ils ne devraient pourtant pas prendre de décisions fracassantes.

Les dirigeants des pays de l'Union européenne se retrouvent ce mercredi 22 mai à Bruxelles. Au menu, des discussions, la lutte contre la fraude et l'évasion fiscales mais aussi la politique énergétique.

Le document de travail du Conseil indique qu'il s'agit de "donner une orientation politique avant de laisser le conseil adopter des conclusions concrètes en juin 2013". En somme, il ne faut pas s'attendre à de grandes avancées de l'Europe sur l'énergie. Seuls quelques "aspects essentiels" de ce vaste sujet seront abordés, indique l'agenda du Conseil européen: "ceux en lien avec la croissance et l'emploi".

De quoi décevoir les industriels européens. En particulier Anne Lauvergeon, l'ex-patronne d'Areva, qui allait en ce sens dans le Journal du Dimanche du 19 mai. Ou Gérard Mestrallet, le PDG de GDF Suez, et les huit patrons de grands groupes européens de l'énergie au nom desquels il s'exprime dans Le Monde daté du mercredi 22 mai. Tous exhortent l'Europe à sortir de l'immobilisme sur ce dossier

Une question de compétitivité

Ils dénoncent un manque de coordination qui pénalise l'Union face aux autres grandes puissances, et qui la rend extrêmement dépendante des importations, quand elle pourrait développer les échanges entre partenaires.

Un manque d'harmonisation qui freine aussi l'Union dans ses objectifs de réduction d'émissions de gaz à effet de serre. Elles ont même augmenté en Allemagne en 2012, de 1,6% selon l'Agence fédérale de l'environnement (voir encadré).

Pour ces industriels, il faut que l'Europe, plus gros importateur mondial d'énergie, vise l'autosuffisance. Et qu'elle se soude autour d'objectifs communs et investisse pour développer ses capacités de production, ses réseaux et surtout des technologies d'avenir autour des energies vertes.

Des engagements coûteux, certes, mais sans lesquels les prix de l'énergie, qui ont déjà commencé à augmenter, ne pourront que continuer dans ce sens. Et peser à terme sur la compétitivité des entreprises.

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Nina Godart