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Près de 1 Français sur 4 se désintéresse de l'environnement

La dernière étude Greenflex-Ademe révèle que 23,7% des Français se sentent désengagés face aux problématiques écologiques. Un chiffre en nette hausse par rapport à l'an dernier.

La dernière étude Greenflex-Ademe révèle que 23,7% des Français se sentent désengagés face aux problématiques écologiques. Un chiffre en nette hausse par rapport à l'an dernier. - Ademe

Dans 6 mois se déroulera la Cop21, la conférence mondiale sur le climat à Paris. Un rendez-majeur pour l'avenir de la planète. Pourtant, selon une enquête rendue publique par l'Ademe, les Français se sentent finalement de moins en moins concernés par l'environnement.

23,7% des Français ne sont pas sensibles aux problématiques écologiques. C'est du moins ce qui ressort d'une étude menée par la société de services en développement durable GreenFlex, en partenariat avec l'Ademe, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie. Ce chiffre est en nette hausse par rapport à l'an dernier où ils étaient 15%. Seules un cinquième des personnes interrogées (19,6%) sont "très soucieuses des problèmes liés à l'environnement".

L''étude révèle plus que jamais que les Français n'ont pas envie de vivre ces sujets comme une contrainte. Le nombre de personnes prêtes à faire des sacrifices dans leur vie de tous les jours pour la protection de l'environnement est tombé à 41,2%, contre 44,5% auparavant. Ils étaient même 56,9% en 2010.

Un contexte économique peu favorable

La dimension économique est désormais incontournable. Le Business&Climate Summit des 20 et 21 mai dernier a mis en avant le lien nécessaire pour les entreprises entre engagement durable et rentabilité. Jean-Pascal Tricoire le PDG de Schneider Electric a rappelé qu'écologie et économie étaient plus que jamais liées.

Bon nombre de Français jugent plutôt cette priorité à l'aune des économies qu'un changement de comportement leur permettrait de générer. 19,3% pensent qu'"agir pour l'environnement n'en vaut la peine que si cela leur fait gagner de l'argent". Ils étaient 14,4% dans l'étude de 2014. En temps de crise les préoccupations ne sont plus les mêmes.

Pour preuve les "rétractés", c'est-à-dire les personnes désengagées, sont pour la plupart des hommes (64%) et sont "surreprésentés chez les chômeurs et les populations modestes". Cette inversion de tendance rapide peut quand même surprendre. On peut noter que cette étude a été menée d'octobre à décembre 2014 auprès de 3.500 personnes. La Cop21 était alors loin d'être dans les esprits des Français. Depuis quelques semaines, les thématiques reviennent sur le devant de la scène.Mais l'esprit n'y est peut-être pas.

Délicates négociations

Les incertitudes qui commencent à peser sur un accord n'arrangent rien à l'affaire. Une session de négociations intermédiaires a débuté à 200 jours de la conférence de Paris. Ségolène Royal renchérit dans les colonnes du Monde. La ministre de l'écologie estime que "les négociations de la convention-cadre de l'ONU sur les changements climatiques, qui reprennent ce lundi à Bonn, sont "totalement inadaptées à l'urgence climatique".

"Il faut changer de méthode: mettre sur la table un document rassemblant les engagements des pays les plus en avance, comme ceux de l'Union européenne, et demander aux États qui ne sont pas d'accord de s'exprimer. Cela changerait les choses parce que les pays ne voudront pas apparaître comme ceux qui ont fait échouer le sommet de Paris".

De son côté l'économiste britannique Nicholas Stern estime que "le chemin est encore long". Il plaide pour une réorientation massive des investissements dans des technologies et des infrastructures peu émettrices de CO2. Le Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat , le GIEC considère aussi qu'il est urgent de se détourner massivement des énergies fossiles, en particulier du charbon La Cop21 vise à un accord mondial pour maintenir le réchauffement en deçà de 2°C.

Nathalie Croisé avec AFP