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Pourquoi le coût des énergies renouvelables ne cesse de diminuer

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(image d'illustration) - Paulo Valdivieso - Flickr - CC

La baisse continue du coût des énergies renouvelables serait liée à la meilleure implication des investisseurs dans les projets de développement.

Le coût des énergies renouvelables, solaire et éolien en tête, ne cesse de réduire depuis plusieurs mois. Mi-septembre, un consortium asiatique a remporté un appel d'offres pour construire une centrale solaire de 350 mégawatts (MW) à Abu Dhabi (Émirats Arabes Unis) avec une proposition de prix d'environ 23 dollars le mégawattheure (environ 21,5 euros) pour l'électricité qu'elle produira. Quelques semaines plus tôt, l'américain SunEdison avait fait grand bruit en proposant un prix de 29 dollars (26 euros) le mégawattheure (MWh), dans un appel d'offres au Chili, toujours pour une centrale solaire. 

Cette chute des tarifs de l'énergie solaire a de quoi impressionner. Il y a seulement 18 mois, une centrale à Dubaï tenait le record du moment avec un prix d'environ 48 dollars/MWh (43 euros). Cette baisse continue des coûts n'est cependant pas spécifique au secteur solaire. L'énergie d'origine éolienne suit la même tendance. 

L'éolien est également de plus en plus compétitif

Au cœur de l'été, le danois Dong Energy a annoncé la construction prochaine, au large des Pays-bas de deux parcs offshore d'une puissance de 700 MW à un prix inédit de 72,7 euros le mégawattheure. L'an dernier, son concurrent suédois Vattenfall impressionnait déjà l'industrie en affichant un coût de 103 euros par mégawattheure pour un parc au Danemark.

Analyste "investissements" à l'Agence internationale de l'énergie (AIE), Michael Waldron estime que ces nouveaux records sont "très impressionnants". Ils vont "bien au-delà de ce que les acteurs avaient en tête sur la capacité des entreprises à proposer des prix d'engagement de ce niveau" ajoute Pascale Jean, associée "énergie" du cabinet PwC. 

Un point commun relie cependant ces deux projets: leur grande taille. Et le fait d'être situés dans des régions très ensoleillées ou aux conditions de vent idéales. 

Les investisseurs sont moins frileux 

Ce qui permet d'atteindre des coûts si bas "ce n'est pas un meilleur rendement ou une évolution technologique, mais plutôt une optimisation sous l'angle du financement des projets" -illustration de la maturité du secteur-explique Alexis Gazzo, associé d'EY en charge des énergies renouvelables. 

Un coût du capital en baisse, des investisseurs moins frileux, des contrats de long terme pour la vente de l'électricité produite, et des politiques avantageuses de certains pays, comme la concession gratuite de terrains ou la connexion au réseau prise en charge, allègent la facture pour le développeur. 

Les coûts de construction sont aussi en baisse avec le développement de vraies "plateformes industrielles" par les développeurs et équipementiers qui permettent d'optimiser la phase de construction, explique Pascale Jean.

Des tarifs encourageants mais pas systématiques 

Ces prix très bas "sont plutôt des signaux" que le reflet de la réalité sur l'ensemble du marché, prévient Alexis Gazzo, rappelant l'importance des spécificités locales. D'autant que les tarifs peuvent être légèrement revus à la hausse au moment de la signature du contrat, après une deuxième phase d'étude. "La question est de savoir si ces prix sont duplicables dans d'autres parties du monde. En réalité la plupart des projets ne sont pas à ces prix", concède Michael Waldron.

En fonction des régions du monde, les prix varient plutôt entre 60 et 80 dollars le mégawattheure pour le solaire et l'éolien terrestre. Mais ces appels d'offres sont "évidemment encourageants" pour l'ensemble de la filière, conclut l'expert de l'AIE.

A.M. avec AFP