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Paris, Londres et Séoul s'unissent contre la pollution de l'air

Vue de l'Arc de Triomphe depuis la Tour Montparnasse à Paris, lors d'un pic de pollution le 29 décembre 2016.

Vue de l'Arc de Triomphe depuis la Tour Montparnasse à Paris, lors d'un pic de pollution le 29 décembre 2016. - LIONEL BONAVENTURE / AFP

Les maires des trois villes lancent une opération inédite visant à mettre en place un système de notation des véhicules pour informer les citoyens sur leurs émissions de particules polluantes.

Ils ont décidé de prendre les choses en main. Les maires de Paris, Londres et Séoul vont lancer un système de notation des véhicules, "fondé sur leurs émissions réelles de particules polluantes". Objectif: faire en sorte que le consommateur-citoyen soit réellement informé pour encourager la lutte contre la pollution de l'air. Les "récents scandales du dieselgate ont entamé la confiance des citoyens et des clients", a affirmé mercredi devant la presse la maire de Paris Anne Hidalgo, en lançant cette initiative baptisée "Air'volution" au côté de Sadiq Khan, maire de Londres, et Won-soon Park, maire de Séoul.

Il "faut un système de notation fiable pour que le citoyen puisse en toute transparence faire un choix informé", a ajouté la maire de Paris en rappelant que la pollution de l'air "tue prématurément trois millions de personnes par an dans le monde et 2.500 à Paris".

La certification actuelle des véhicules dans l'Union européenne s'applique uniquement aux émissions de CO2, par des tests réalisés en laboratoire, selon la Ville. Des capteurs mobiles seront installés dans les prochaines semaines dans les rues de la capitale française de même que des capteurs seront installés sur les différentes marques de véhicules. Les données recueillies seront ensuite publiées sur un site internet dédié, qui devrait commencer à les fournir en fin d'année pour Londres et Paris.

Il "devient impératif d'agir"

Cette étude sera menée par l'ONG ICCT (The International Council on Clean Transportation, Conseil pour des transports propres). Il "devient impératif d'agir", a pour sa part affirmé le maire de Londres en rappelant que les voitures les plus polluantes devraient payer une taxe supplémentaire pour accéder au centre de sa ville et qu'il était prévu que Londres devienne en 2019 une zone de circulation à très faible émission.

Après leur contribution à l'Accord de Paris, les villes "font un effort commun supplémentaire pour rendre les villes plus respirables pour les citoyens", a ajouté le maire de Séoul. Tokyo, Moscou, Madrid, Mexico, Milan et Oslo ont manifesté leur intérêt pour cette initiative, prise sous l'égide du réseau de villes C40 que préside Anne Hidalgo.

Cette opération vise également à "inciter les constructeurs à investir dans les véhicules propres", a indiqué Anne Hidalgo, alors que des constructeurs, notamment français, soutiennent l'initiative. Plusieurs d'entre eux ont d'ailleurs été reçus à l'Hôtel de Ville. C'est du "gagnant-gagnant", a insisté la maire de Paris en raison du rôle "prescripteur" des villes.

P.L avec AFP