BFM Business

Nucléaire britannique : EDF n'ira pas seul

EDF a été lâché par Centrica sur l'EPR en Grande Bretagne, après qu'Enel ait jeté l'éponge sur l'EPR français

EDF a été lâché par Centrica sur l'EPR en Grande Bretagne, après qu'Enel ait jeté l'éponge sur l'EPR français - -

Pour obtenir des tarifs de rachat garantissant sa rentabilité à long terme, le géant de l’énergie s’est engagé dans un bras de fer avec l’Etat britannique. Il brandit la menace de son retrait de Grande-Bretagne.

EDF a publié ce jeudi 14 février un bénéfice meilleur que prévu en 2012 et annonce un renforcement d'1 milliard d'euros de son plan d'économie cette année. Parmi les sujets à la une : le nucléaire en Grande Bretagne. Le groupe Centrica s'est retiré du projet de construction de centrales, estimant que le retour sur investissement n'était pas garanti. Dans une interview à RTL, son président Henri Proglio s'est voulu rassurant.

Son message est clair : EDF pourrait abandonner tous ses projets de construction de nouveaux réacteurs en Grande Bretagne si le retour sur investissement n'est pas garanti. Une menace de retrait en réalité directement adressée au gouvernement britannique.

>> Lire aussi : L'EPR deviendra-t-il un jour rentable ?

Ce dernier négocie en ce moment les tarifs de rachat de l'électricité avec EDF. Et cela ressemble à une vraie partie de poker menteur. Car l'enjeu est primordial : EDF doit obtenir un tarif de rachat minimum pour rentabiliser ses investissements. De son côté, le gouvernement a tout interêt à négocier les tarifs les plus bas pour satisfaire le consommateur britannique.

Déterminer le prix d'équilibre est un sacré challenge, car l'accord porte sur quarante ans. De sa pertinence dépend la validation ou non du plan de financement à long terme d'EDF en Grande Bretagne. Si l’électricien français obtient gain de cause, il assure qu'il trouvera un partenaire pour remplacer Centrica sans problème. Car sa rentabilité sera alors assurée pour ce projet.

Sidonie Watrigant