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Marché du carbone: quel sera le juste prix?

François Hollande a affirmé lundi que l'instauration "d'un prix du carbone" serait l'un des critères pour juger de la réussite de la conférence de l'Onu sur le climat, organisée fin 2015 à Paris.

François Hollande a affirmé lundi que l'instauration "d'un prix du carbone" serait l'un des critères pour juger de la réussite de la conférence de l'Onu sur le climat, organisée fin 2015 à Paris. - Photothèque le Soleil

Pour François Hollande, "un prix du carbone doit être instauré". Le chef de l'Etat estime que ce sera un critère pour la réussite de la conférence de l’ONU sur le climat, organisée à la fin de l'année 2015 à Paris.

François Hollande juge central de faire avancer les débats sur le marché du carbone. "Est-on capable d'imaginer de nouvelles contributions, notamment le prix du carbone, qui pourrait permettre à tous les acteurs économiques de savoir que les ressources fossiles sont un prélèvement sur la planète", a répondu le président français, interrogé par France Inter sur les critères permettant de qualifier de succès "Paris climat 2015".

Un accord contraignant

Alors que le marché du carbone peine à augmenter en Europe, François Hollande insiste sur un "accord général contraignant, pays par pays, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre". Le chef de l’État insiste également sur "un prix du carbone" qui permet de désigner les pays qui sont à l’origine de ces dommages. La création de "financements innovants" permettra de donner une valeur aux émissions de CO2. Un accord contraignant doit, à ses yeux, comprendre des mesures de "surveillance et d'évaluation" des politiques des pays, "notamment pour les plus grands pays émetteurs, Chine et États-Unis, mais aussi pour d'autres" déclare-t-il.

Un marché inefficace

Le marché du carbone définit l’ensemble des négociations et des échanges de quotas d’émission de gaz à effet de serre. Cet ensemble est établi sur une dimension monétaire.

Les entreprises ou les pays engagés dans un processus de réduction des émissions de gaz à effet de serre doivent acheter des quotas supplémentaires s’ils polluent davantage que leur plafond. Mais les conditions sur les émissions à effet de serre imposées par le Protocole de Kyoto révèlent des inégalités commerciales entre les pays industrialisés et les pays du Sud.

"Il est urgent de créer une nouvelle valeur économique: le coût climatique des émissions de CO2. Pour lutter contre le réchauffement", déclare l'économiste Christian de Perthuis, professeur à l'université Paris Dauphine, à l'AFP.

Le prix du "droit à polluer" a chuté ces derniers temps. Il avoisine les 5 euros la tonne. Il valait encore 20 euros en 2011. L’offre pléthorique de quotas d'émission a provoqué un effondrement de l’ensemble du marché. Pour la plupart des experts, ce prix devrait atteindre au moins 25 euros la tonne pour encourager les entreprises et les États à agir.

Khadria FOUAD-DJAMA