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La sévère cure d'amaigrissement d'Areva

Le groupe nucléaire a annoncé ce jeudi 7 mai vouloir réduire ses frais de personnels en France de 15%. Entre 3.000 et 4.000 suppressions de postes pourraient être décidées, selon le directeur des ressources humaines.

"En France, aucun licenciement n'est envisagé et les sites de production seront préservés", a tenté de rassuré le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, qui indique par ailleurs qu'il rencontrera les syndicats d'Areva le 22 mai. Une réaction aux annonces d'Areva qui s'attaque ce jeudi au volet le plus sensible de son plan d'économies, censé lui permettre de sortir de l'ornière.

Le groupe a ainsi prévenu ce 6 mai dans un communiqué viser une réduction de ses frais de personnel de l'ordre de 15% en France et de 18% dans le monde d'ici à 2017".

Ces frais atteignent aujourd'hui entre 3,5 et 4 milliards d'euros, un niveau jugé insoutenable par la direction au regard des 8 milliards d'euros de chiffre d'affaires du groupe.

Dans un premier temps, le groupe a indiqué ne pas connaître l'impact précis sur l'emploi. Le DRH d'Areva, François Nogué, a ensuite annoncé que 3.000 à 4.000 suppressions de postes devraient être effectuées en France, confirmant des informations auparavant évoquées par les syndicats du groupe. Au niveau mondial, la fourchette se situe entre 5.000 et 6.000 postes.

"Le gouvernement a pris acte de la volonté affirmée par la direction d'Areva de concevoir un plan de performance et de compétitivité ne reposant pas uniquement sur une réduction des frais de personnel, même s'il s'agit là de mesures indispensables", a ensuite réagi le ministère de l'Economie, dans une déclaration écrite à l'AFP.

Des leviers d'amélioration sur la productivité

Le groupe, qui a accusé une perte nette de près de 5 milliards d'euros l'an dernier, a annoncé un plan d'économies d'un milliard d'euros d'ici 2017. S'il a souligné que l'amélioration de sa politique d'achats et de sa productivité constituaient d'importants leviers d'économies, des suppressions d'emploi en parallèle de ces efforts étaient sans doute difficiles à éviter.

Le groupe, détenu à près de 87% par des capitaux publics, emploie aujourd'hui environ 45.000 personnes dans le monde, dont 30.000 en France.

J.M. avec AFP