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La Rochelle accueille le premier bateau à hydrogène

Une station de recharge d’hydrogène a été installée à quai. Elle permet le ravitaillement du navire en quelques minutes, lui garantissant une autonomie journalière.

Une station de recharge d’hydrogène a été installée à quai. Elle permet le ravitaillement du navire en quelques minutes, lui garantissant une autonomie journalière. - Xavier Leoty-XL-AFP

Une navette maritime alimentée par des piles à hydrogène transporte depuis peu des passagers dans le port de La Rochelle. Un premier test avant de lancer le bateau au large.

Les piles à combustible à hydrogène prennent pour la première fois l'eau. Cette technologie est désormais utilisé par une bateau faisant office de "bus de mer". La communauté d'agglomération de La Rochelle a décidé d'en équiper la navette maritime qui permet de se déplacer rapidement au sein du port de la ville.

Celle-ci était déjà propulsée par de l'électricité produite par des panneaux solaires. Le coeur de l'innovation tient à une pile à combustible, associée à des réservoirs d’hydrogène, le tout étant installé à bord du bus de mer Galilée. Ce système convertit l’hydrogène en électricité, afin de recharger les batteries du navire qui propulse le bateau. Logé dans un coffre, l'ensemble ne rejette que de l’eau.

Grâce à ce dispositif quatre fois plus léger que les batteries électriques (environ 200 kg contre 800 kg), le bateau gagne en autonomie, en vitesse et en capacité de transport (75 à 87 personnes). La pile à combustible a été conçue par le géant français du pneu, le groupe Michelin, dans le cadre d'un "programme d'incubation" des nouvelles technologies.

Une pile à combustible, associée à des réservoirs d’hydrogène, a été implantée sur le bus de mer Galilée où elle est logée dans un coffre.
Une pile à combustible, associée à des réservoirs d’hydrogène, a été implantée sur le bus de mer Galilée où elle est logée dans un coffre. © Frédéric Le Lan/CdA La Rochelle

Pour recharger ses réservoirs avec le gaz nécessaire, une station à hydrogène a été installée au port de plaisance des Minimes, terminus et point de départ de la navette en direction du port de la Rochelle. Elle ravitaille le navire en quelques minutes, lui garantissant une journée complète d'autonomie. 

Selon les initiateurs de ce test, il s'agit d'une première expérimentation de la technologie en milieu marin, a priori "hostile" en raison de la corrosion. D'autres expérimentations sont déjà en cours à Nantes avec l'inauguration du bateau-bus Jules Verne 2 qui navigue uniquement en milieu fluvial sur l'Erdre.

L'expérimentation doit durer jusqu'au 31 août 2018, afin de tester la résistance du matériel en milieu marin, hostile. Cette énergie rend possible son application à des services de navette sur des trajets plus longs.

D'un coût global de 700.000 euros, le projet de navette maritime à hydrogène est financé pour moitié par l'Agence de développement et de maîtrise de l'énergie (Ademe, 280.000 euros) et la région Nouvelle-Aquitaine (60.000 euros), et pour l'autre moitié, par les quatre entreprises partenaires (Michelin, Alternatives énergies, EVE System, HP Systems) et l'université de technologie de Belfort-Montbéliard.

Si ce test est concluant, cette énergie rendrait possible son utilisation pour des services de navette maritime sur des trajets plus longs vers des îles (Ré) ou les ports avoisinants de la cité maritime.

Frédéric Bergé