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L'assemblée vote la fin des véhicules à carburants fossiles en 2040

Il faudra s'armer de patience avant d'atteindre son lieu de vacances samedi. (Photo d'illustration)

Il faudra s'armer de patience avant d'atteindre son lieu de vacances samedi. (Photo d'illustration) - Pierre Andrieu - AFP

Les députés ont voté ce vendredi la fin de la vente des véhicules à carburants fossiles d'ici à 2040, lors de l'examen du projet de loi d'orientation des mobilités.

L'objectif est « ambitieux » mais « possible » estime le co-rapporteur du projet de loi d'orientation des mobilités, Jean-Luc Fugit. Les députés ont voté la fin de la vente des véhicules à carburants fossiles, c'est à dire essence, diesel et gaz naturel, d'ici à 2040.

Un objectif affiché dès 2017 par Nicolas Hulot alors ministre de la Transition écologique. « Nos propres constructeurs ont dans leurs cartons de quoi alimenter et incarner cette promesse (...) qui est aussi un agenda de santé publique » avait-il expliqué.

« Si plusieurs pays européens se sont positionnés en ce sens, la France serait le premier à inscrire dans la loi » cette interdiction d'ici à 2040, a assuré Jean-Luc Fugit. Un objectif « possible » selon le député, dans la mesure où les constructeurs envisagent une fin de commercialisation des ventes de véhicules exclusivement diesel et essence au début des années 2030.

Le but est « d'atteindre, d'ici à 2050, la décarbonation complète du secteur des transports terrestres ». Pour cela, des objectifs intermédiaires sont fixés, avec la montée en puissance des véhicules à faibles et très faibles émissions à échéance 2030, dans la continuité des objectifs européens.

Tous les cinq ans, un rapport d'évaluation devra être rendu par l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques. Il donnera lieu à un débat à l'Assemblée nationale et au Sénat.

Plusieurs pays ont déjà annoncé des mesures en ce sens. Le Danemark a déjà annoncé vouloir interdire les moteurs essences et diesel en 2030. La Norvège souhaite pour sa part n'autoriser que les voitures neuves zéro émission dès 2025. Les moteurs diesel seront eux exclus prochainement de certaines villes: 2024 pour Paris, 2025 pour Madrid, Athènes ou encore Mexico.

Le défi semble immense si on considère que les véhicules utilisant de l'énergie fossile représentent aujourd'hui 93,6% des ventes, auxquelles s'ajoutent les 4,2% d'hybrides non rechargeables et les 0,7% d'hybrides rechargeables. La place de l'électrique est donc encore très limitée, mais en progression: 31 000 immatriculations en 2018, soit une hausse de près de 25% par rapport à 2017. Sur les quatre premiers mois de 2019, on enregistre près de 13 000 immatriculations de voitures électriques.

Reste donc aux constructeurs de développer ces technologies. Permettre de développer l'autonomie des modèles, réduire les temps de charge et surtout le coût des véhicules pour les rendre plus accessibles.

Le projet de loi mobilités doit être examiné en commission jusqu'au 24 mai et en séance du 3 au 14 juin.

Sandrine Serais