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Vivendi n'a pas l'intention de racheter Lagardère

Vincent Bolloré, président du conseil de surveillance de Vivendi, pourrait donner des indices sur les ambitions du groupe lors de son assemblée générale.

Vincent Bolloré, président du conseil de surveillance de Vivendi, pourrait donner des indices sur les ambitions du groupe lors de son assemblée générale. - Eric Piermont

Un porte-parole de Vivendi a démenti, ce samedi 11 avril, l'information selon laquelle il aurait été prêt à mettre 3,3 milliards d'euros pour racheter le groupe de médias français. "Lagardère est un groupe ami de Vivendi", a-t-il ajouté.

Vivendi n'a pas l'intention de toucher à son trésor de guerre pour mettre la main sur Lagardère. "Il n'y a pas eu d'offre de Vivendi pour Lagardère et il n'y en aura pas", a déclaré samedi Simon Gillham, un porte-parole du groupe. Une source avait indiqué à Reuters que Vivendi aurait fait il y a quelques semaines une offre de 3,3 milliards d'euros, faisant écho à une information rapportée par le magazine L'Express début avril.

Le groupe dirigé par Arnaud Lagardère, présent dans les médias, l'édition, la distribution et le sport fait figure de cible potentielle pour Vivendi, qui a pour ambition de bâtir un champion européen des médias et des contenus. "Lagardère est un groupe ami de Vivendi", a-t-il ajouté. 

Les projets d'acquisitions de Vivendi font l'objet de vives spéculations après une série de cessions qui lui ont permis d'accumuler un trésor de guerre représentant potentiellement 15 milliards d'euros, selon des estimations d'analystes. Le conglomérat est déjà entré en négociations exclusives avec Orange pour acheter 80% du capital de Dailymotion pour un montant de 217 millions d’euros. 

Développer des passerelles dans la musique et la télévision

Vincent Bolloré, président du conseil de surveillance de Vivendi, pourrait donner des indices sur les ambitions du groupe lors de son assemblée générale, vendredi prochain. Il a annoncé jeudi avoir accru une nouvelle fois sa participation dans le capital de Vivendi, confortant ainsi sa position de premier actionnaire du groupe après avoir conclu un accord la veille avec le fonds spéculatif américain PSAM, qui contestait jusqu'alors sa stratégie et réclamait une plus large redistribution aux actionnaires.

Vivendi est jusque-là resté vague sur ses intentions, indiquant seulement qu'il souhaitait se donner une nouvelle envergure en développant des passerelles entre ses filiales dans la musique et la télévision, Universal Music Group et Canal+, et en procédant à de possibles acquisitions.

Le président du directoire de Vivendi, Arnaud de Puyfontaine, a déclaré jeudi au Financial Times que le groupe "pensait à des opérations structurantes", mais n'était pas intéressé par le rachat des groupes de télévision britanniques Sky et ITV.

Une opération avec Lagardère lui permettrait de mettre la main sur le géant de l'édition Hachette, la radio Europe 1 ou encore l'hebdomadaire Paris Match, mais les autres activités du français comme la distribution ou le sport apparaissent moins complémentaires, estiment des analystes. 

Son dirigeant, Arnaud Lagardère, devrait donner son accord à une éventuelle transaction, la compagnie étant protégée d'un rachat hostile par sa structure actionnariale en commandite. Le groupe Lagardère n'a pas souhaité faire de commentaire. 

C.C. avec AFP