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Vin: faut-il investir dans le millésime 2014?

Acheter un millésime 2014  revient à acheter un vin qui ne sera mis en bouteille que dans un à deux ans.

Acheter un millésime 2014 revient à acheter un vin qui ne sera mis en bouteille que dans un à deux ans. - Philippe Desmazes - AFP

Acheter les plus belles appellations de Bordeaux ou de Bourgogne en primeur permet d'investir une somme minimale dans la perspective que leur cote grimpe au fil des ans. Quelques conseils pour savoir sur quels crus miser.

L'achat de vin en primeur revient à faire un pari sur l'avenir puisqu'il s'agit de faire l'acquisition de crus jusqu'à deux ans avant leur mise en bouteille. En contrepartie, les producteurs consentent des tarifs environ 30% inférieurs à ceux pratiqués lors de leur commercialisation. En plus de ce rabais, les acheteurs peuvent espérer faire une plus-value plus conséquente en conservant les bouteilles quelques années, le temps que leur cote grimpe.

Tout naturellement, la difficulté de ce placement réside dans le choix des vins sur lesquels investir. Pas question de les goûter soi-même. Il faut se fier aux notes attribuées par les critiques pour savoir quelles bouteilles offrent le meilleur potentiel. D'ailleurs, celles des primeurs de bordeaux 2014 viennent tout juste d'être distribuées.

Quelques crus surprises

Surprise: les notes sont élevées alors qu'on avait plutôt parlé d'un millésime difficile, en raison d'un été froid et pluvieux. "Les Français Bettane et Desseauve ont décerné des notes autour de 18 sur 20 à plus de 40 vins. On est quand même proche du Graal", commente Angélique de Lencquesaing, directrice déléguée de Idealwine sur BFM business. 

Mais ce décalage ne doit pas perturber les consommateurs dans leurs choix d'investissement. "La hiérarchie des classements des terroirs a été plutôt respectée", assure Angélique de Lencquesaing. Avec parfois quelques surprises. "La revue du Vin de France a très bien noté le château Pontet Canet à Pauillac qui n'est pas un tout premier cru classé. Elle a très bien noté le château Haut-Bailly à Pessac-Leognan" cite-t-elle en exemple.

Mouton Rothschild affiche toujours des prix au plus haut

Dans quelle catégorie de prix se classe le millésime 2014 ? Il est encore trop tôt pour le savoir, la commercialisation en étant à ses débuts. Mais il ne faut pas s'attendre à des prix plancher. "L'appel au retour à des prix attractifs de 2008, qui avait été émis par les marchés anglais, n'a pas du tout été entendue. On n'est pas manifestement pas dans une baisse des prix aussi significative que ne l'aurait exigé un retour à 2008", regrette la directrice de Idealwine. 

Cependant certains domaines émettent des signaux positifs vers les marchés, comme les vins de la galaxie Lafitte, tels que les châteaux l'Evangile ou Duhart-Milon qui affichent des baisses de prix de 10 à 13% par rapport à 2013. A l'opposé, les bouteilles de Mouton Rothschild s'affichent à 1.282 euros, soit une augmentation de 13% par rapport à l'année précédente.

Car les domaines viticoles ont leurs arguments pour ne pas baisser ostensiblement leurs tarifs. Ils comptent notamment sur les faibles quantités produites en 2014 pour maintenir élevée la cote de ses primeurs. Ils espèrent aussi tirer parti de la baisse de l'euro face au dollar, qui rend ainsi les prix très attractifs pour la clientèle internationale.

C.C.