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Plusieurs responsables de la Fifa arrêtés par la police suisse

Plusieurs cadres de la Fédération internationale de football ont été arrêtés et placés en détention ce mercredi pour des faits présumés de corruption. La justice américaine réclame leur extradition. Dans le même temps, le parquet suisse a indiqué avoir ouvert une enquête sur les conditions d'attribution des Mondiaux 2018 et 2022.

A deux jours de l'élection de son nouveau président, la Fifa est de nouveau dans la tourmente. Des documents ont été saisis au siège de l'institution, et une enquête a été ouverte par le parquet suisse sur les conditions d'attribution des Mondiaux 2018 (en Russie) et 2022 (au Qatar). "Les enrichissements illégitimes se seraient déroulés en partie au moins en Suisse", précise le ministère de la Justice, ajoutant que cette procédure pénale est ouverte depuis le 10 mars 2015. Elle n'avait pas été révélée jusqu'à ce jour.

En outre, plusieurs hauts responsables de la Fifa, organe dirigeant du football mondial, ont été arrêtés ce mercredi par la police suisse et placés en détention,a annoncé l'Office fédéral de la justice (OFJ) suisse, confirmant une information du New York Times. La justice américaine réclame leur extradition pour des faits présumés de corruption. 

"Le parquet du district Est de New York enquête sur ces personnes qu'il soupçonne d'avoir accepté des pots-de-vin et des commissions du début des années 90 à ce jour", indique le communiqué.

Sont notamment visées les conditions d'attribution de plusieurs éditions de la Coupe du monde ainsi que des contrats de marketing et de droits de retransmission télévisée.

"Des représentants des médias et du marketing sportif seraient impliqués dans des versements à de hauts fonctionnaires d'organisations footballistiques (délégués de la Fédération internationale de football association FIFA et fonctionnaire d'organisations affiliées) en échange des droits médiatiques et des droits de marketing et de sponsoring de compétitions organisées aux Etats-Unis et en Amérique du Sud", ajoute le communiqué, qui précise que "l'entente relative à ces actes aurait été conclue aux Etats-Unis, où ont également eu lieu les préparatifs. Des paiements auraient transité par des banques américaines".

Sepp Blatter pas concerné

Au total, neuf responsables de la Fifa devraient être inculpés. Selon le New York Times, il s'agirait notamment de Jeffrey Webb, président de la Confédération de football d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes, d'Eugenio Figueredo, vice-président de la Fifa, et Jack Warner, ancien vice-président de la Fifa. Mais aussi d'Eduardo Li, le président de la fédération du Costa Rica, de Rafael Esquivel, président de la fédération vénézuelienne, de José Maria Marin, président de la confédération brésilienne de football, et de Nicolás Leoz, président de la Confédération Sud-américaine de Football. En revanche, Sepp Blatter, le président de l'institution, n'en ferait pas partie.

Ces arrestations tombent cependant au plus mauvais moment pour celui qui briguera vendredi un cinquième mandat à la tête de la puissante fédération internationale. Mardi, Sepp Blatter s'était adressé à huis clos, à une réunion de Concacaf (Amérique du nord, Amérique centrale et Caraïbes), qui représente 35 voix sur les 209 votants, dans un grand hôtel de Zurich.

La Fifa, quant à elle, a d'ores et déjà indiqué qu'elle ne ferait pas de commentaire à ce stade. "Nous avons vu les comptes rendus des médias. Nous cherchons à clarifier la situation. Nous ne ferons pas de commentaire à cette étape", a indiqué une porte-parole.

Un journaliste du New York Times était à Zurich ce mardi, et a été témoin des arrestations:

Y.D. avec agences