BFM Business

Nike se prend les pieds dans le tapis au Marathon de Berlin

L'athlète kenyan Eliud Kipchoge en 2008

L'athlète kenyan Eliud Kipchoge en 2008 - The Wolf (Flickr) via Wikimedia Commons

"Le Kenyan Eliud Kipchoge a remporté la 42ème édition du Marathon de Berlin, mais n’est pas parvenu à battre le record du monde, en raison d’un ennuyeux "problème technique" avec ses chaussures."

Eliud Kipchoge a remporté dimanche 27 septembre le Marathon de Berlin en 02:04:00, neuvième meilleure performance de tous les temps sur la distance. Si le Kenyan n’est pas parvenu à battre le record du monde, qui était son objectif annoncé, la performance force le respect, et pour cause : Kipchoge a couru plus de 25 kilomètres avec les semelles à moitié sorties de ses chaussures. "Les semelles n’étaient pas collées" a expliqué l’athlète kenyan, qui ajoutait, fair-play: "J’ai testé les chaussures, et je pense que ce sont les meilleures de l’histoire".

Si Kipchoge n’a pas souhaité attiser la polémique, le coup de projecteur est mauvais pour Nike, son équipementier. "Comme il l’a déjà fait sur des précédentes courses, Eliud testait un prototype sur lequel nous avons travaillé pendant plusieurs mois" a déclaré au Wall Street Journal un porte-parole de la marque à l’issue de la course. "Comme avec tous les prototypes, les choses peuvent parfois aller de travers. Et comme pour chaque innovation, nous allons vite apprendre de nos erreurs" a ajouté T.J Crawford, qui expliquait par la suite que Nike allait continuer à travailler avec Eliud Kipchoge, et que la marque était ravie de l’avoir vu battre son record personnel.

Comme le rappelle le Wall Street Journal, cet incident n’est pas le premier à ternir quelque peu l'image de marque du principal concurrent d'Adidas et un marathonien kenyan. En 1997, les lacets de John Kagwe s’étaient défaits trois fois pendant la course, lui faisant manquer son objectif de record de l’épreuve. Nike avait alors décidé de lui verser la prime de 10.000 dollars promise s’il avait réussi à établir la nouvelle référence. Sur Twitter, des internautes militent d’ailleurs pour qu’Eliud Kipchoge soit également dédommagé par son équipementier.

Si la publicité est négative pour Nike, à plus forte raison à l’occasion d’une course sponsorisée par Adidas, cet événement fait le bonheur du directeur de la course, qui négociait à l’issue de l’épreuve avec l’agent d’Eliud Kipchoge pour récupérer les fameuses semelles, afin de leur faire une place permanente au musée du Marathon.

T.O