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Merkel, l'égérie qui fait la fierté du français Longchamp

Angela Merkel avec un modèle orangé du sac Le Foulonné de Longchamp.

Angela Merkel avec un modèle orangé du sac Le Foulonné de Longchamp. - ODD ANDERSEN - AFP

Le maroquinier Longchamp compte parmi ses "fans" la femme la plus puissante du monde. Et contrairement à Kate Moss ou Alexa Chung, la chancelière paie ses sacs. Une égérie 100% bénévole dont le PDG, Jean Cassegrain, n'est pas peu fier.

Sa coquetterie n'est pas légendaire. Et pourtant, la chancelière allemande a bien un péché mignon en matière de mode: les sacs de la marque française Longchamp. Ceux qu'elle affectionne ne sont pas les cabas en textile pliables, emblématiques de la marque. Mais plutôt des modèles un poil plus raffinés, en cuir de vachette.

Sur des photos prises par les photographes de presse, on la voit apparaître avec un sac de la gamme Le Foulonné, ou encore un autre de la ligne historique Le Roseau. Prix: 340 euros l'un, 290 l'autre. Un luxe tout relatif comparé aux milliers d'euros que coûtent les sacs Dior ou Hermès.

Depuis cinq ans, Angela Merkel s'est prise de passion pour ces accessoires au design minimaliste, en cuir monochrome, sans fioritures, tout juste agrémenté de deux longues anses qui permettent de porter le sac à l'épaule. Pratique pour y caser ses dodus dossiers. Elle les achète dans la boutique berlinoise de la marque, située à quelque pas la Chancellerie, dans la très chic rue de Vienne. Et "Mutti" comme l'appelle affectueusement les Allemands n'a jamais demandé la moindre réduction, indique-t-on chez Longchamp. Une intégrité toute protestante -Angela Merkel est fille de pasteur- qui n'est pas le propre de tous les clients VIP de la marque.

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- © ODD ANDERSEN - AFP

Une égérie à double-tranchant

Mais cette passion de la chancelière pour les cabas Longchamp est à double tranchant. D'abord parce que cette sexagénaire charpentée n'est pas forcément un modèle auquel s'identifient les femmes à la pointe de la mode. Son aura dans ce domaine et sa morphologie n'ont rien à voir avec celles de Kate Moss, représentante et créatrice pour la marque depuis 2006, ou de l'actuelle égérie, la mannequin britannique Alexa Chung, qu'on voit plus souvent qu'Angela Merkel dans les magazines de mode. 

En outre, si la femme la plus puissante du monde (selon le magazine Forbes) est très appréciée dans son pays, ce n'est pas forcément le cas ailleurs. La chancelière n'est notamment pas en odeur de sainteté dans les pays en difficulté d'Europe du sud.

"Merkel est connue pour être une femme exigeante"

Reste que le patron de Longchamp, Jean Cassegrain, se félicite qu'elle soit devenue spontanément une représentante de la marque. Cette semaine, dans le journal allemand Handelsblatt, le fils du fondateur de la marque s'enthousiasme: "la chancelière Merkel est connue pour être une femme exigeante. Une femme qui a une vision claire et des attentes élevées. Si elle porte nos sacs à main, c'est qu'elle chérit la qualité, la fiabilité, l'authenticité de nos produits. Cela nous rend, bien sûr, très fiers."

L'Allemagne est un marché important pour ce groupe avare en données financières le concernant. Il aurait réalisé 454 millions d'euros de chiffre d'affaires mondial en 2012, selon Les Echos. Selon Jean Cassegrain, principal ouvrier de l'expansion internationale du groupe, les ventes outre-Rhin équivalent à un tiers de celles réalisées en France. Et les ouvertures de boutiques y vont bon train: "récemment nous avons ouvert un magasin à Munich, à Stuttgart, à Baden-Baden". Et un nouvel espace exclusif doit voir le jour à Cologne d'ici à la fin de l'année.

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Nina Godart
https://twitter.com/ninagodart Nina Godart Journaliste BFM Éco