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Luxe: Kering a plongé au deuxième trimestre mais mise sur un rebond fort en Asie

Entre avril et juin, le groupe français qui exploite notamment les marques Gucci et Yves Saint-Laurent a vu ses revenus reculer de 43% à 2,1 milliards d'euros mais affirme observer "une reprise encourageante" en Chine.

"Le premier semestre 2020 restera sans aucun doute la période la plus complexe à laquelle nous ayons été confrontés", a résumé dans un communiqué mardi le PDG de Kering, François-Henri Pinault, qui détient les marques Gucci, Yves Saint Laurent, Bottega Veneta et Balenciaga.

Au cours des six premiers mois de l'année, le bénéfice net de Kering a chuté de 53% sur un an, pour s'établir à 272 millions d'euros.

Pour rappel, le groupe bénéficiait d'une base de comparaison favorable: au cours des six premiers mois de 2019, son bénéfice net avait plongé à 579 millions d'euros - contre 2,3 milliards un an plus tôt - en raison principalement d'un redressement fiscal record en Italie lié à sa marque Gucci (1,25 milliard d'euros).

Bond des ventes en ligne

Au premier semestre 2020, la marge opérationnelle s'est établie à 17,7%, contre 29,5% à la même période l'an dernier.

Les ventes ont particulièrement souffert au deuxième trimestre, plongeant de 43% pour s'établir à à 2,17 milliards d'euros. 

Gucci, marque-phare de Kering, s'est repliée de 33% sur la première moitié de l'année, tout en restant un énorme contributeur pour le groupe avec 3 milliards d'euros de ventes à elle seule. Sa marge opérationnelle reste "extrêmement solide, au-delà des 30%", souligne le communiqué.

Si Yves Saint Laurent a vu ses ventes baisser de 30%, Bottega Veneta "recule seulement" de 8,4%, "une performance remarquable compte tenu du contexte, et signe évident du succès" de la marque italienne qui remonte la pente après un passage à vide, a mis en avant le directeur financier Jean-Marc Duplaix, lors d'une conférence téléphonique.

Néanmoins, le confinement et les restrictions de circulation ont dynamisé les achats en ligne pour les marques du groupe, le e-commerce bondissant de 72% au deuxième trimestre, "ce qui a permis de combler une partie du recul des ventes" en magasins, a ajouté M. Duplaix.

Résilience

Et la lumière au bout du tunnel vient également d'Asie où l'activité reprend. "Sur plusieurs marchés importants, on a des taux de croissance positifs. En Chine, pour l'ensemble de nos marques, depuis mai on a des tendances à +50%, +70%", ajoute Marc Duplaix. Rappelons que la zone Asie-Pacifique (hors Japon) concentre 38% des ventes du groupe.

Kering fait ainsi état d'une "reprise encourageante à mesure des réouvertures de magasins, notamment en Asie-Pacifique, tirée par la Chine continentale".

Le groupe reste donc confiant sur sa "résilience" et fait état d'une "reprise encourageante". "Il n'est donc raisonnablement pas possible d'établir une projection de la profitabilité pour 2020", met en avant Kering.

"La solidité de notre modèle nous a permis d'aborder cette crise en position de force et de la traverser jusqu'à présent en faisant preuve d'une grande résilience. Nous demeurons confiants dans notre capacité à renouer avec la croissance dès que l'environnement de marché s'améliorera", a affirmé le directeur financier.

OC avec AFP