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Ligue des champions: un duel final très lucratif pour deux clubs surendettés

Le Real Madrid de Cristiano Ronaldo tentera de remporter samedi sa dixième Ligue des champions.

Le Real Madrid de Cristiano Ronaldo tentera de remporter samedi sa dixième Ligue des champions. - -

Le Real Madrid et l'Atlético de Madrid, qui disputent ce samedi 24 mai la finale de la Ligue des champions, vont tenter à cette occasion de gagner quelques millions d'euros supplémentaires. La survie financière de l'un de ces deux clubs pourrait même dépendre de l'issue du match.

Un match à dix millions d’euros. Ce samedi 24 mai, l’Atlético de Madrid et le Real Madrid vont se disputer à Lisbonne le plus prestigieux des trophées européens: la Ligue des champions. En plus de l’évident intérêt sportif (l’Atlético tentera de remporter sa première "C1", le Real sa dixième), les deux clubs de la capitale espagnole, fortement endettés, tenteront de ramasser les ultimes millions mis en jeu par l’UEFA.

Une compétition plus lucrative que le Superbowl

A l’issue du match de samedi, l’instance dirigée par Michel Platini versera ainsi 10,5 millions d’euros au vainqueur et 6,5 millions d’euros au finaliste malheureux. Des sommes qui s’ajouteront à celles déjà empochées tout au long de la compétition.

Ainsi, les 32 équipes qui ont participé cette année à la phase de poules de la Ligue des champions (dont Paris et Marseille) sont assurées de recevoir au moins 8,6 millions d’euros auxquels s’additionneront les primes engrangées au fil des rencontres: un million d’euros par victoire, 500.000 euros par match nul et des gratifications pour chaque tour passé.

Ajoutez à cela la répartition les droits télévisés par pays et vous obtenez des sommes astronomiques: l’année dernière, le Bayern Munich de Franck Ribéry a obtenu 55 millions d’euros en remportant la compétition. Un chiffre qui fait de la Ligue des champions la compétition la plus intéressante au monde pour son vainqueur selon un classement établi par le magazine Forbes.

La "C1" devance notamment la Coupe du monde de football (22 millions d’euros versés à l’Espagne, vainqueur en 2010). Elle devance aussi les compétitions américaines, comme les World Series de baseball (14 millions d'euros versés à San Francisco, vainqueur en 2012) ou encore le Superbowl (8 millions d’euros versés à Baltimore, vainqueur en 2012).

Les deux clubs les plus endettés d'Espagne

Le Real Madrid et l’Atlético de Madrid se battront donc aussi samedi pour quelques millions supplémentaires. Comparativement, le vainqueur gagnera au moins quatre millions d’euros de plus que son rival. Une somme qui paraît dérisoire quand on sait que le budget du Real était de 518 millions d’euros en 2012/2013 (le premier d’Europe) et celui de l’Atlético de 120 millions.

Mais ces deux clubs sont aussi les plus endettés d’Espagne, avec des dettes qui avoisinent les 500 millions d’euros, selon Le Monde. Une situation ubuesque qui ne semble pas déranger l’UEFA, qui n’a pas sanctionné les deux clubs madrilènes dans le cadre du fair-play financier.

Ce n’est pas parce que l’instance européenne ne réagit pas que la victoire de samedi n’est pas cruciale financièrement. Si le Real l’emporte, il pourra capitaliser sur sa dixième victoire dans la compétition (merchandising, sponsors supplémentaires…). La survie de l’Atlético pourrait même dépendre de l’issue de la rencontre: sa dette est presque impossible à rembourser, analyse Jaume Llopis professeur à l'IESE business school de Barcelone, interrogé par Le Monde.

"L'Atlético peut seulement sortir de cette situation s'il remporte des titres qui lui permettront d'attirer des sponsors. Seuls des succès prolongés durant plusieurs années peuvent lui permettre de réduire sa dette astronomique", affirme ce dernier. Briller samedi soir lors de la finale de la Ligue des champions, un événement qui avait rassemblé il y a un an 300 millions de téléspectateurs dans le monde, serait un bon début.

Maxence Kagni