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Lego s’offre Mme Tussauds et la grande roue de Londres

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Le géant danois associé à des fonds d’investissement va débourser près de 5 milliards de livres pour mettre la main sur ce poids lourd du divertissement.

Habituellement discrète, la fondation familiale Kirkbi, actionnaire majoritaire de Lego, a créé la surprise ce vendredi en annonçant officiellement avoir mis la main sur le britannique Merlin Entertainments qui exploite notamment les célèbres musées de cire Madame Tussauds et la grande roue de Londres (London Eye).

Le danois s’est associé à la société d'investissement américaine Blackstone et au fonds de pension canadien CPPIB pour mener à bien cette opération qui valorise la cible 5,9 milliards de livres (6,6 milliards d’euros).

Au total, les acheteurs vont débourser 4,8 milliards de livres pour racheter les actions Merlin dont le conseil d’administration a accepté l’offre. Il faut dire que la prime est juteuse : 455 pence l’action contre un dernier cours de 395 pence jeudi à la Bourse de Londres.

100 parcs d’attraction, 2e derrière Disney

« Après une approche non désirée d'un ensemble d'investisseurs et après avoir rejeté plusieurs de leurs propositions, le conseil d'administration de Merlin estime que cette offre représente une occasion pour les actionnaires de réaliser un bénéfice sur leur investissement », souligne John Sunderland, président du conseil d'administration du groupe britannique.

De son côté, le directeur général de Kirkbi Soren Thorup Sorensen, estime que Lego et Merlin partagent « la même approche du métier et de sa culture ».

Créé en 1999 et introduit en Bourse à Londres en 2013, Merlin a réalisé un chiffre d'affaires de 1,65 milliard de livres en 2018 et accueilli 67 millions de visiteurs dans ses plus de 100 parcs d'attractions répartis dans 25 pays, ce qui en fait le numéro deux mondial derrière Disney. Merlin et Lego se connaissent bien puisque Merlin possède les célèbres parcs Legoland.

C’est une sortie par le haut pour Merlin qui multiplie les revers depuis quelques années. En 2015, le groupe écopait de 5 millions de livres d’amende pour un accident dans un de ses parcs tandis que le vote pour la sortie de l’Union européenne de la Grande-Bretagne a plombé ses perspectives de croissance.

Pour le géant Lego fondé en 1932, cette acquisition pourrait lui permettre de confirmer son rebond après des récents résultats en demi-teinte. Après une chute de 17% en 2017 (à 1,05 milliard d’euros), son résultat net a gagné 3,5% en 2018 à 1,1 milliard.

Olivier CHICHEPORTICHE