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Le CNC veut durcir la lutte contre le téléchargement illégal de films

La présidente du CNC Frédérique Bredin lors du festival de Cannes

La présidente du CNC Frédérique Bredin lors du festival de Cannes - AFP Alberto Pizzoli

La présidente du Centre national du cinéma Frédérique Bredin plaide pour "une intervention plus forte des pouvoirs publics".

Le CNC (Centre national du cinéma) sort de sa réserve au sujet de la lutte contre le piratage sur internet. "La perte de valeur pour le cinéma et l'audiovisuel liée au piratage se chiffre à 1,3 milliard d'euros", a déploré la présidente de l'établissement public, Frédérique Bredin, samedi 20 mai lors du festival de Cannes.

Jugeant insuffisant l'arsenal répressif actuel, elle a proposé deux "pistes envisageables" pour le durcir. Soit "une régulation par les opérateurs télécoms eux-mêmes, comme en Allemagne". Soit "une intervention plus forte des pouvoirs publics, comme le suggère l'Alpa", le lobby du cinéma contre le piratage. 

En pratique, les opérateurs télécoms refuseront très probablement de s'impliquer plus, et cette piste-là apparaît donc purement théorique. Reste donc sur la table uniquement la seconde piste. 

Vers des amendes administratives

En pratique, les pistes pour durcir le dispositif ne sont pas infinies. Derrière ce discours, Frédérique Bredin pense très probablement à multiplier les amendes contre les pirates, en adoptant un système plus simple, où l'Hadopi infligerait elle-même les amendes. Aujourd'hui, l'Hadopi n'a pas ce pouvoir: elle peut simplement saisir la justice, qui ensuite inflige une amende, mais au compte goutte: seulement 72 condamnations ont été prononcées depuis la création de l'Hadopi il y a sept ans. 

Problème: pour passer à ce système dit d'amendes administratives, il faut changer la loi, et donc un gouvernement prêt à rouvrir ce dossier explosif. Ce n'est donc pas un hasard si le CNC remet le sujet sur la table au moment même où l'équipe Macron arrive aux affaires. Le programme présidentiel du nouveau Président était assez succinct sur le sujet, promettant juste "renforcer l'action contre les sites pirates". 

La carotte et le bâton

En attendant, Frédérique Bredin manie le bâton mais aussi la carotte: elle a annoncé à Cannes la création d'un fonds de 2 millions d'euros destiné à aider les Youtubers et autres jeunes créateurs de vidéos sur le web. Il sera financé notamment par la taxe qui vient d'être instaurée sur les sites de type YouTube. 

Jamal Henni, à Cannes