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La filiale cinéma d'Orange vise l'équilibre d'ici 4 ans

Orange a présenté à Cannes le documentaire 'Napalm' de Claude Lanzmann sur la Corée du nord

Orange a présenté à Cannes le documentaire 'Napalm' de Claude Lanzmann sur la Corée du nord - -

L'opérateur télécoms s'est lancé dans la production de films il y a dix ans. Une activité encore déficitaire, mais qui réduit ses pertes.

Orange persiste et signe. L’opérateur télécoms poursuit sa route dans la production de films, même si cette activité reste encore déficitaire après avoir cumulé 145 millions d’euros de pertes depuis sa création il y a dix ans.

"Les films ont un cycle de vie long, de 6 à 8 ans. Mais l‘objectif est de gagner de l‘argent d’ici 3 à 4 ans", explique David Kessler, directeur général d’Orange Studio, la filiale spécialisée dans la production de films. L’équilibre était auparavant envisagé d’ici un ou deux ans.

Mais la filiale a quand même réduit ses pertes. En 2015, elle n’a perdu que 10,7 millions d’euros, soit deux fois moins que l’année précédente.

Cette réduction des pertes s’explique aussi par la diminution du budget de la filiale, passé de 45 millions d’euros par an les premières années à 20 millions actuellement, de quoi investir dans "15 à 20 films par an", indique David Kessler, interrogé lors du festival de Cannes, où il présentait hors compétition le documentaire Napalm de Claude Lanzmann.

Partenaires multiples

Pour atteindre ses objectifs, Orange Studio a décidé de multiplier les partenariats. D’abord, avec le français Selective Films pour acquérir les droits de distribution en France de films étrangers, en général américains ou britanniques.

Plus récemment, un autre accord a été conclu avec UGC concernant la distribution dans les salles françaises. Selon cet accord, UGC assurera cette distribution, mais celle-ci sera financée par Orange et effectuée sous la marque Orange Studio Distribution. "UGC avait besoin de quelques films supplémentaires à distribuer suite à la fin de l’accord entre UGC et TF1", explique David Kessler. Premier film à inaugurer cet accord: Churchill, film britannique acquis avec Selective Films et qui sort ce 31 mai. L’accord avec UGC permettra aussi aux deux partenaires d’investir en commun dans des films, ou d’acheter ensemble les droits de films étrangers.

Achat d'une partie du catalogue de Wild Bunch

Inversement, Orange a décidé d’assurer désormais lui-même les ventes à l’international des films qu’il produit, alors qu’il s’appuyait précédemment sur des partenaires, comme Kinology (dont Orange Studio détient 17,5%).

Parallèlement, Orange Studio continue son activité de catalogue, c’est-à-dire l’achat de droits de films déjà sortis. Elle a ainsi récemment acheté pour quelques millions d’euros auprès de Wild Bunch les droits TV et SVOD (vidéo-à-la-demande illimitée par abonnement) d’une cinquantaine de films, parmi lesquels Largo Winch, Drive, La nuit nous appartient, Mon meilleur ami, De l’autre côté du lit, La chance de ma vie

Ambition dans les séries

Prochaine étape : la production de séries. "Nous réfléchissons actuellement au meilleur modèle, et espérons faire des annonces en septembre. Cela sera plus ambitieux que les séries françaises jusqu’à présent commandées par OCS [la chaîne de films et de séries appartenant à Orange]. Nous sommes prêts à investir au moins plusieurs millions d’euros, et nous étudions des séries internationales en langue anglaise".

En revanche, Orange exclut de se lancer dans les séries destinées au téléphone mobile, comme l’ont fait Studio+ ou BlackPills. "Nous ne voyons pas de modèle économique, car il n’est pas absolument certains que les jeunes soient prêts à payer pour des formats courts. Studio+ ne prend pas vraiment, et ne rencontre pas une appétence considérable", dit David Kessler.

Les résultats d'Orange Studio (en millions d'euros)

Chiffre d'affaires
2008: 3,5 2009: 14,4 2010: 19,8 2011: 16,2 2012: 14,2 2013: 17,2 2014: 11,9 2015: 22,7 2016: 16,7

Résultat net
2008: -6,9 2009: -22,3 2010: -17,7 2011: -23,3 2012: -22,8 2013: -20,2 2014: -21,4 2015: -10,7 2016: -15,6

Source: comptes sociaux

Jamal Henni, à Cannes