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Free déclare la guerre à Netflix

Free attaque le site américain devant le tribunal de commerce de Paris

Free attaque le site américain devant le tribunal de commerce de Paris - ERIC PIERMONT / AFP

Le fournisseur d'accès attaque le site américain devant le tribunal de commerce, pour réclamer d'importants dommages et intérêts.

La guerre est déclarée entre Free et Netflix. Le fournisseur d'accès internet attaque le site américain devant le tribunal de commerce de Paris. Il compte lui réclamer d'importants dommages et intérêts, qui ne sont pas chiffrés à ce stade, mais qui pourraient se monter à des dizaines -voire des centaines- de millions d'euros. 

Mesures contradictoires

Le conflit porte sur la mesure de la qualité de l'accès internet publiée chaque mois par Netflix. Le californien a commencé à publier cette mesure en novembre 2012 pour les fournisseurs américains, puis a étendu cela à d'autres pays, dont la France à partir de septembre 2014. Dans cette mesure, Free apparaît -presque tous les mois- comme celui ayant le débit le plus mauvais.

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Cette mesure est contredite par d'autres classements, tel celui effectué par le lyonnais nPerf. Ainsi, au premier trimestre 2017, chez nPerf, Free offre un débit de 7,43 mégabits par seconde pour les liaisons en haut débit, soit mieux qu'Orange (6,59 mégabits par seconde). Tandis que chez Netflix, Free délivre seulement 2,3 mégabits par seconde, loin derrière Orange (3,5 mégabits par seconde)...

Hasard ou coïncidence?

En publiant sa mesure, Netflix veut aider l'internaute à choisir le meilleur fournisseur d'accès. Un fournisseur mal noté dans cette mesure risque donc de perdre des clients, d'où la réaction de Free.

Hasard ou coïncidence, le trublion de l'internet français est le seul opérateur hexagonal à n'avoir jamais trouvé d'accord commercial avec le site de vidéo-à-la-demande, jugeant ses conditions inéquitables. Résultat: les freenautes ne peuvent donc pas regarder Netflix sur leur téléviseur. Alors qu'Orange, Bouygues Telecom et SFR (qui détient 49% de ce site web) ont conclu des accords pour commercialiser le service du californien sur tout ou partie de leurs box.

Free est aussi le seul opérateur français à ne pas être raccordé directement au réseau de Netflix, ce qui pourrait expliquer ses mauvaises notes dans les mesures du californien. Le problème est que cette mesure ne distingue pas les opérateurs raccordés et ceux qui ne le sont pas, et reste très succinte sur sa méthodologie, présentée en quelques phrases. Visiblement, Free pense donc que ce n'est pas du tout un hasard s'il arrive dernier dans la mesure de Netflix, et demanderait à être retiré du classement.

À noter que la plainte vise la maison-mère de Netflix, et sa filiale néerlandaise, mais pas la filiale française qui a fermé l'an dernier. Rappelons que Netflix revendique plus de 1,5 million d'abonnés dans l'Hexagone, soit deux fois plus que son concurrent CanalPlay (620.000 abonnés à fin septembre).

Interrogés, Free et Netflix se sont refusés à tout commentaire.

Jamal Henni