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Et si Sarkozy n'intégrait pas AccorHotels à cause des actionnaires?

La nomination de Nicolas Sarkozy est soumise au vote des actionnaires

La nomination de Nicolas Sarkozy est soumise au vote des actionnaires - Ian Langsdon - AFP

Lors de leur AG, les actionnaires du groupe hôtelier français sont appelés à approuver l'intégration de l'ex-président de la République au sein du conseil d'administration. Le cabinet de conseil Proxinvest les appelle à ne pas voter pour lui.

L'avis de tempête est déclaré au quartier général d'AccorHotels. Ce vendredi, les actionnaires de l'hôtelier, réunis en assemblée générale, sont appelés à approuver, entre autres, la nomination de Nicolas Sarkozy comme administrateur indépendant au sein du conseil d'administration du groupe.

Du côté d'AccorHotels, on affiche une totale sérénité quant à la validation de la nomination l'ancien président de la République. 

L'influent cabinet de conseil aux actionnaires Proxinvest a semé le doute sa recommandation le 20 avril dernier. Il ne soutient plus la candidature de l'ex-président de la République. Il en est de même pour le renouvellement du mandat de l'administratrice Iris Knobloch ainsi que pour la réélection de Sébastien Bazin en tant que président du conseil d'administration.

Loi Florange

Motif de ce revirement: le refus, le 19 avril dernier, du conseil d'administration d'agréer une résolution proposée par des investisseurs représentant 2,3% du capital. Ces derniers souhaitaient supprimer les droits de vote doubles des actionnaires, rendus possibles par la loi Florange de 2015 pour les porteurs ayant conservé leur titre au moins deux ans.

Proxinvest juge en effet que "tous les actionnaires soucieux de bonne gouvernance" devraient rejeter les droits de vote doubles, le cabinet étant attaché à l'égalité de traitement des actionnaires.

"Le respect du principe 'une action – une voix' peut seul éviter qu’un des nouveaux grands actionnaires, notamment le concurrent chinois Jin Jiang qui se voit pour le moment refuser une place au conseil" ne pèse de façon "disproportionnée". "Ce droit de vote double bénéficiera aussi dès juillet 2018 aux deux autres grands nouveaux actionnaires qatari et saoudien d’Accor", justifiait le cabinet, fin avril.

"Mauvais tour à la démocratie"

En conséquence, Proxinvest estime que les engagements de Sébastien Bazin pour une bonne gouvernance ne sont pas confirmés et que dès lors sa réélection ne peut pas être soutenue. 

Pour Proxinvest, Nicolas Sarkozy et Iris Knobloch sont "deux administrateurs qualifiés d'indépendants par le conseil mais qui n’auront pas compris que la mission de l’administrateur est avant tout de veiller aux intérêts de tous les actionnaires et non d’un actionnaire favori ou favorisé, fût-il français, chinois, qatari ou saoudien".

Reste que Proxinvest ne fait que donner une recommandation. Il faudra donc voir si les actionnaires seront aussi sensibles que le cabinet sur ce "mauvais tour fait à la démocratie".

J.M.