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Covid-19 et pass sanitaire: les cinémas se sentent "punis"

Le secteur dénonce une stigmatisation et une différence de traitement avec les restaurants.

Les exploitants de salles de cinéma se sentent "punis" par l'imposition d'un pass sanitaire obligatoire dans les lieux de culture plus tôt que partout ailleurs, a déclaré mardi à l'AFP le président de l'organisation professionnelle.

Richard Patry, président de la Fédération nationale des cinémas français, a dit ne pas comprendre pourquoi les lieux culturels devront demander ce pass à partir du 21 juillet, alors que la mesure était repoussée à août pour les restaurants et transports de longue distance.

"Le problème c'est la stigmatisation, une fois de plus, des lieux culturels, alors qu'ailleurs ce sera début août, ou mi-août. Nous nous sentons punis", a-t-il expliqué, joint par téléphone.
"Pourquoi on nous l'impose avant tout le monde, alors que dans les cinémas il y a des protocoles stricts, alors que depuis le début de l'épidémie nous n'avons pas eu un seul foyer d'infection, et alors que nous avons de très bons films programmés pendant l'été? Cela sert à quoi, cela va sauver qui?", a-t-il lancé.

Une décision "brouillon"

Il a pris l'exemple des familles ayant des adolescents de 12-17 ans, pour qui la vaccination ne s'est ouverte qu'en juin, et qui sont très peu nombreux à être vaccinés en ce début d'été.

"Cette problématique des familles, on en a parlé au gouvernement, on l'a longuement expliquée, et ils n'en tiennent pas compte. Concrètement ils privent ces familles de cinéma. Personne ne va faire un test PCR pour aller voir un film", a déploré M. Patry.

Selon lui, "si le président de la République avait annoncé que le pass sanitaire s'appliquait partout en août, on aurait évidemment adhéré. Mais là, il s'applique dans huit jours pour nous. C'est brouillon, ce n'est pas réfléchi. Ça ne sert à rien de dire que la France a fait beaucoup pour la culture. Nous demandons seulement à être traités comme tout le monde".

OC avec AFP