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Cinéma: naissance d'une mini-major tournée vers l'export

Un des films les plus attendus du duo est 'Paradise Lost', une biographie de Pablo Escobar avec Benicio Del Toro

Un des films les plus attendus du duo est 'Paradise Lost', une biographie de Pablo Escobar avec Benicio Del Toro - -

Les producteurs Dimitri Rassam et Aton Soumache fusionnent leur sociétés, et lèvent 10 millions d'euros. Objectif: produire des films à gros budget qui puissent être vendus à l'étranger.

L'union fait la force. Deux producteurs français ont décidé de fusionner leurs sociétés pour créer une mini-major.

Le premier, Dimitri Rassam, a produit avec sa société Chapter 2 des films comme le Prénom ou Gibraltar.

Le second, Aton Soumache, est spécialisé dans l'animation, soit pour la télévision (via Method Animation, qui produit le Petit prince ou le Petit Nicolas) soit pour le grand écran (via Onyx Films, qui a produit Renaissance ou Prodigies).

Levée de fonds

Tous deux ont donc fusionné leurs sociétés à 50/50, pour créer On Entertainment. Le nouvel ensemble réalise un bénéfice opérationnel de 5,2 millions d'euros sur un chiffre d'affaires de 34 millions d'euros.

Parallèlement, le duo procède à une levée de fonds de 10 millions d'euros en deux étapes. Le premier volet a été bouclé auprès du groupe AB de Claude Berda, et des fonds Ohana et LDRP de Laurent Dassault. Le second volet sera bouclé cet été.

Les deux producteurs conservent plus des deux tiers du capital. L'indien DQ Entertainment, qui avait pris 20% de Method Animation en 2008 pour 3,9 millions de dollars, conserve aussi sa participation.

"Luc Besson a validé le modèle"

La particularité de ce nouveau studio est qu'il est tourné vers l'exportation de films. "L'international est notre axe commun. Nous réalisons déjà 80% de notre activité hors de France", expliquent Dimitri Rassam et Aton Soumache.

Ils ajoutent: "le système français est formidable, mais il permet de soutenir des films qui s'exportent peu ou pas. Et la France ne représente que 5% du marché mondial. Nous, nous avons toujours voulu nous confronter aux marchés étrangers. Cela n'est pas fondamentalement différent: cela prend autant de temps et d'énergie pour produire un film. Mais cela permet d'amortir le budget, non plus sur le seul marché français, mais dans le monde entier. Dès lors, cela permet d'atteindre plus facilement le point mort".

Jusqu'à présent, seul le studio Europa Corp de Luc Besson avait adopté cette stratégie. Un exemple que ne renient pas nos deux associés: "Luc Besson est le seul qui ait réussi de manière pérenne à l'international. Il a validé ce modèle. Mais il y a plusieurs différences avec notre projet: notre production est plus éclectique, nous n'assurons pas nous-mêmes la distribution, et l'animation est un de nos piliers, alors qu'Europa Corp n'en fait plus".

Le modèle Disney

Autre intérêt à ce rapprochement: "atteindre une taille critique pour générer un certain volume de production: 3 ou 4 films par an, et autant de séries d'animation".

Les deux associés comptent poursuivre la stratégie adoptée dans l'animation: acquérir les droits mondiaux sur des personnages, puis les décliner en séries et en produits dérivés -un modèle développé avec succès par Disney ou Marvel. On trouve ainsi dans leur portefeuille le Petit prince, Peter Pan, Robin des bois, Iron Man, les Playmobil, Iznogoud, Inspecteur Gadget...

Jamal Henni