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AccorHotels met la main sur 115 des plus beaux hôtels du monde

En une opération à 2,9 milliards de dollars, AccorHotels vient de signer une opération majeure en reprenant la maison-mère des hôtels Raffles et Fairmont. Le groupe signe une entrée fracassante dans le domaine du très grand luxe.

Il manquait un joyau à la couronne. Certes la structure d’AccorHotels est en pleine mutation, pour suivre un plan stratégique ambitieux impulsé par son patron Sébastien Bazin. Mais pour cela il fallait faire rêver les investisseurs, dans un contexte toujours compliqué pour le secteur, marqué par les tensions géopolitiques et leur impact économique.

Certes, la marque Sofitel est synonyme de prestige à travers le monde, marque réputée et synonyme de qualité, mais AccorHotels devait sans doute acquérir rapidement des actifs dans le très haut de gamme.

Un portefeuille de palaces de légende

C’est pourquoi l’annonce de la reprise de FHRI Holdings est sans doute le plus gros coup que pouvait jouer l’hôtelier français. Car même si les marques Fairmont, SwissHotels et Raffles peuvent être méconnues du grand public, le portefeuille de la holding est absolument somptueux. 115 hôtels, parmi les plus beaux et les plus luxueux du monde.

Le porte-étendard du groupe restant le Raffles de Singapour, palace ouvert en 1887, où logent régulièrement les chefs d’États et les grands de ce monde, dont la Reine d’Angleterre, quand elle est en tournée en Asie.

Un actif en pleine expansion

Mais dans le portefeuille de FHRI, on trouve aussi des adresses absolument imbattables, comme le Royal Monceau à Paris, le Savoy de Londres, ou encore le Plaza de New York.

115 palaces parmi les plus prestigieux au monde, mais aussi 40 en cours de construction à travers la planète: AccorHotels investit dans un actif d’avenir, en pleine conquête de nouvelles clientèles fortunées.

Un secteur qui bouge

Un tournant important pour AccorHotels, qui est en plein chantier de valorisation de ses actifs, mais aussi dans un secteur de l’hôtellerie en plein processus de concentration. Le Français devait négocier le virage le plus vite possible en frappant fort.

Car il est clair que depuis la mégafusion Marriott/Starwood il y a 2 semaines, le très haut de gamme est devenu un des terrains les plus attractifs du moment pour le secteur hôtelier au niveau mondial.

Financement et stabilité du capital

Mais, et c’est sans doute l'un des aspects les plus intéressants de l’accord AccorHotels/FHRI, le groupe met non seulement la main sur un portefeuille inégalable, mais va également pouvoir le partager avec les plus gros investisseurs de ce segment de marché, les pays du Golfe.

En effet, la reprise va être financée, certes, par une belle enveloppe de cash de 738 millions de dollars, mais aussi par une augmentation de capital qui va permettre au groupe d’accueillir de nouveaux investisseurs.

Le rôle-clé des fortunes du Golfe

Et parmi eux, les propriétaires de FHRI, avec qui il va y avoir échange d’actions: le Qatar Investment Authority, et Kingdom Holdings, fonds d’investissement saoudien dirigé par le Prince Al-Waleed Bin Talal. Ces derniers, en échange, vont prendre respectivement 10,5% et 5,8% du capital d’Accor.

Ainsi, AccorHotels s’assure un portefeuille de rêve, dont le financement et les investissements vont être garantis par les principaux financiers du secteur… au demeurant aussi, meilleurs ambassadeurs pour la clientèle habituelle de ces prestigieux établissements.

Antoine Larigaudrie