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Trump nomme un anti-régulation pour superviser les banques

Donald Trump n'a jamais apprécié Janet Yellen, la présidente de la Fed

Donald Trump n'a jamais apprécié Janet Yellen, la présidente de la Fed - Patrik Stollarz - AFP

Le président américain a donné le poste de vice-président de la Réserve fédérale américaine en charge de la régulation à Randal Quarles, un financier considéré comme un apôtre de la déréglementation.

Après avoir nommé un climatosceptique à la tête de l'agence pour la protection pour l'environnement, Donald Trump a décidé de placer un anti-régulation à la tête de la régulation bancaire.

Mardi, le fantasque président des États-Unis a en effet nommé Randal Quarles, un ancien haut fonctionnaire du Trésor américain, en tant que vice-président de la Réserve fédérale américaine (Fed) en charge, donc, de la régulation.

Cet ancien associé du fonds Carlyle (l'un des plus important au monde avec 162 milliards de dollars d'actifs gérés) avait créé son propre fonds, Cynosure Group, qu'il dirigeait jusqu'à présent, à Salt Lake City. Il va désormais prendre un poste vacant qui avait été créé dans la loi Dodd-Frank pour tirer les leçons de la crise et réguler davantage les grands établissements américains.

Une cohabitation compliquée avec Janet Yellen 

Mais c'est un bien autre rôle que devrait remplir Randal Quarles dont la réputation en matière de déréglementation ne semble plus à faire. Le New York Times écrit ainsi que le financier va faire office de "contrepoids" à Janet Yellen. L'actuelle président de la Fed a, elle, poussé vers des efforts de régulation que Quarles n'a cessé de critiquer. Il avait d'ailleurs défendu les grandes banques dans une tribune au Wall Street Journal, appelant alors à ne pas les contraindre davantage.

À tel point qu'à la suite de sa nomination, la société de recherche en investissement Compass Point Research a publié un communiqué dans lequel elle s'alarme de cette nomination, rapporte CNBC. Elle considère ainsi la nomination de Randal Quarles comme "une concession à des pressions inappropriées". "Selon nous, Monsieur Quarles risque d'utiliser sa fonction pour orchestrer un programme de dérégulation des banques" écrit ainsi la société.

Outre la régulation bancaire, Randal Quarles s'est aussi prononcé plusieurs fois en défaveur des politiques de soutien à l'économie de la Fed, et devrait donc faire pression pour normaliser plus rapidement la politique monétaire de l'institution américaine

La cohabitation avec Janet Yellen, qui avait elle poussé en faveur de ces mêmes mesures, s'annonce difficile. Mais Donald Trump n'avait pas particulièrement envie de la ménager, bien au contraire. Durant sa campagne, le locataire de la Maison Blanche avait en effet jugé que la président de la Fed "devrait avoir honte" de son action à la tête de la banque centrale américaine.

Julien Marion