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Pourquoi la City de Londres a un œil sur la crise ukrainienne

La City de Londres compte une soixantaine d'entreprises cotées russes.

La City de Londres compte une soixantaine d'entreprises cotées russes. - -

Un document du gouvernement britannique, photographié par la presse, préconise de ne pas soutenir des sanctions commerciales ou fermer le centre financier de Londres aux Russes. Londres affirme néanmoins ne pas vouloir privilégier les intérêts de la City.

Retour au calme sur les marchés. Après la forte baisse d'hier, la bourse de Moscou a clôturé en hausse de plus de 5%, ce mardi 4 mars.

Ce matin, Valdimir Poutine s'est exprimé pour la première fois devant les journalistes. Le président russe a nié toute implication de Moscou en Ukraine. Il juge que l'usage de la force n'est pas nécessaire pour le moment mais qu'il pourrait le devenir.

Aux Etats-Unis et en Europe, les discussions se poursuivent pour envisager d'éventuelles sanctions, sanctions sur lesquelles la Grande-Bretagne, compte tenu de ses intérêts avec la Russie, s'interroge visiblement.

En effet, l'imprudence d'un fonctionnaire britannique a suscité la polémique dans le pays. Ce dernier a été photographié par la presse alors qu'il se rendait à un rendez-vous au 10 Downing Street en portant sous le coude un document intitulé "le Royaume Uni ne devrait pas soutenir des sanctions commerciales ou fermer le centre financier de Londres aux Russes".

Le gouvernement tente d'étouffer la polémique

Un document qui rappelle à quel point la City joue gros dans cette affaire. La Bourse de Londres compte, en effet, une soixantaine d'entreprises russes qui se sont cotées ces dernières années. D'autres encore s'apprêtent à s'introduire en Bourse. Et la City mise particulièrement sur ce marché en ce moment pour doper les revenus de ses banques d'investissements.

Enfin, il convient d'ajouter les riches oligarques, qui selon une étude publiée récemment, dépensent près de 4 milliards de livres chaque année au Royaume-Uni, hors investissement immobilier.

Le gouvernement britannique a pris soin de désamorcer la polémique en précisant qu'il n'était pas question de faire passer les intérêts de la City avant ses efforts pour régler la crise ukrainienne. Mais, selon la presse britannique, le gouvernement veille malgré tout de près aux coûts et aux conséquences d'éventuelles sanctions.

Caroline Morisseau