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La nouvelle filiale d’Axa encore en perte

Le directeur général d'Axa, Thomas Buberl a racheté XL pour 12,4 milliards d'euros.

Le directeur général d'Axa, Thomas Buberl a racheté XL pour 12,4 milliards d'euros. - ERIC PIERMONT / AFP

A peine racheté pour près de 13 milliards d’euros, XL a subi une nouvelle perte de plusieurs centaines de millions d’euros en 2018. Les entités françaises sont appelées à la rescousse pour compenser.

Ça commence mal pour Axa. En septembre dernier, l’assureur a bouclé le rachat de XL pour 12,4 milliards d’euros. Tout juste cinq mois après, les mauvaises nouvelles s’accumulent. Très implanté aux Etats-Unis, XL a subi de plein fouet les sinistres causés par les incendies en Californie en novembre dernier. Ils ont coûté 18 milliards de dollars au secteur de l’assurance. Conséquence de quoi, la nouvelle filiale américaine va afficher une perte de « plusieurs centaines de millions d’euros » selon plusieurs sources proches d’Axa. « Autour de 500 millions d’euros » précise l’une d’entre elles. Le groupe Axa devrait malgré tout dégagé un bénéfice de l’ordre de 6 milliards d’euros. Contacté, Axa n’a pas souhaité commenter avant la publication des résultats tout en reconnaissant que le dernier trimestre n’avait « pas été bon ».

Comme pour beaucoup d’assureurs, ces catastrophes naturelles deviennent des évènements exceptionnels à répétition… Pour XL, il s’agit de la deuxième année consécutive de perte. En 2017, il avait déjà affiché une perte de 560 millions de dollars. Des mauvais résultats qui font grincer des dents chez Axa alors que beaucoup de dirigeants estiment que le prix payé pour XL était trop élevé.

D’autant qu’en interne, la direction de l’assureur a demandé à toutes les filiales du groupe des efforts financiers pour compenser les pertes de XL. « Les provisions passées pour couvrir les sinistres ont été moins élevées que d’habitude pour dégager plus de résultats » explique un bon connaisseur d’Axa. Mieux, la principale entité, Axa France, a dû puiser dans ses réserves à hauteur de 350 millions d’euros pour limiter l’impact sur les comptes du groupe. Un milliard d’euros a également été prélevé pour renforcer les fonds propres. « Les réserves sont faites pour cela, on les stocke lors des bonnes années et on les utilise lors des mauvaises » reconnait-on à la direction du groupe.

Moins dépendre des marchés financiers

Ces soutiens limités qui n’ont pas d’impact sur les résultats d’Axa France. Mais qui montrent la fébrilité de XL. « Nous allons augmenter les primes d’assurances de ces risques pour couvrir le coût croissant des sinistres » explique un proche d’Axa. Et augmenter aussi nos propres couvertures de réassurances ». Les tarifs ont d’ailleurs déjà commencé à augmenter l’an passé chez beaucoup d’autres concurrents.

Cette mauvaise passe intervient alors qu’Axa peine, comme tous les assureurs, à offrir à ses clients des rémunérations attractives dans un contexte de taux d’intérêt bas. Ainsi, la filiale de gestion, Axa IM, va bientôt voir son budget d’investissement augmenter pour dégager plus de profits. Elle va ainsi prendre plus de risques sur les marchés alors qu’ils sont malmenés ces derniers mois. Une stratégie qui tranche avec celle du patron d’Axa, Thomas Buberl, qui souhaitait moins dépendre des aléas des marchés financiers. Raison pour laquelle il a racheté XL l’an passé, spécialisé sur les grands risques dommages des entreprises. Mais l'aléa climatique est tout aussi imprévisible.