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La banque UBS lâche tout un pan de ses activités de marché

La banque UBS supprime 10 000 emplois pour tenter de retrouver 15% de retour sur fonds propres

La banque UBS supprime 10 000 emplois pour tenter de retrouver 15% de retour sur fonds propres - -

La banque helvétique va supprimer 10 000 emplois d’ici à 2015. Sous la contrainte de la régulation, l’établissement se recentre sur la gestion de fortune et réduit la voilure dans la banque d’investissement.

C’était un secret de polichinelle, mais ce mardi 30 octobre UBS l’a dévoilé aux yeux de tout le monde. Alors que de nombreuses fuites de presse avaient déjà circulées, la banque suisse a confirmé la suppression de 10 000 emplois au niveau mondial d’ici à 2015. Ce qui représente pas moins de 15% de ses effectifs, au total de 63 745 emplois.

Cette nouvelle cure d’amaigrissement vient s’ajouter aux 5500 suppressions d’emplois déjà annoncées l’année dernière. Elle devrait permettre d’économiser 2,8 milliards d’euros d’ici 2015.

Aussi, elle témoigne de la nouvelle stratégie de la banque. Sur ces 10 000 suppressions d’emplois, la très grande majorité concerne la division banque d’investissement du groupe. Plus exactement, la banque helvétique va quitter son métier de courtage sur obligation dans cette division et garder des activités plus orientées sur le conseil, la recherche et les actions.

Dans le même temps, la banque va privilégier ce qu’elle qualifie comme ses métiers "plus traditionnels", c’est-à-dire la gestion de fortune et la banque privée,qui vont-elles prendre une importance grandissante.

UBS justifie ce remodelage par les nouvelles normes de régulation bancaire dites de Bâle III, qui obligent les banques à avoir un niveau de capital suffisamment élevé pour faire face aux risques qu’elles détiennent. Une contrainte qui rend moins profitable les activités de marchés, plus gourmandes en capitaux.

Une banque d'investissement dans la tourmente

Ainsi, pour Dirk Becker analyste chez Kepler Capital Markets à Francfort "il est difficile d’être rentable sur ces métiers avec les contraintes de Bâle III". Mais au-delà de ce problème, l’analyste pense surtout qu’ "UBS n’a pas réussi à s’imposer parmi les cinq établissements les plus profitables", sur ces métiers de trading.

En conséquence, "ils ont effectivement décidé d’arrêter de travailler sur certains métiers et privilégier des activités les plus rentables". Ce mardi, la banque a annoncé un objectif de retour sur fonds propre de 15% à partir de 2015.
Or, celui de la banque de financement du groupe se situe à moins de 6% et consomme plus de 50% du capital d’UBS. A l’inverse la gestion de fortune chez UBS ne mobilise que 8% de ses capitaux alors qu’elle dégage un retour sur fonds propre de 60% !

Il faut aussi dire que la banque d’investissement d’UBS a été fortement secouée depuis la crise de 2008. Avec comme épisode le plus marquant, la perte de trading de 2,3 milliards de dollars due au "Jérôme Kerviel d’UBS", le trader Kweku Adoboli. Ce dernier encourt actuellement 10 ans de prison. Un impair qui a évidemment beaucoup pesé sur l’image d’UBS sur les marchés.

Julien Marion