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General Electric dit adieu à la finance

Aux Etats-Unis, l'annonce de la fin des activités bancaires de General Electric a fait l'effet d'une bombe.

Aux Etats-Unis, l'annonce de la fin des activités bancaires de General Electric a fait l'effet d'une bombe. - CHIP SOMODEVILLA - GETTY IMAGES NORTH AMERICA - AFP

Le géant américain de l'énergie tourne une page de son histoire en abandonnant ses activités bancaires. GE Capital, devenu la septième banque américaine, coûtait désormais trop cher au groupe.

General Electric se transforme. Le symbole est fort: GE ne sera plus une banque. La crise financière aura finalement eu raison de cette figure unique de la finance-industrie, avec sa filiale créée en 1905. Une activité développée surtout pendant la grande crise de 1929 pour aider les populations les plus démunies à financer leurs achats. Il y a des années que le marché boudait le conglomérat. Mais le PDG, Jeff Immelt, résistait, persuadé qu'après la tempête de 2008, des temps meilleurs reviendraient.

C'est en partie vrai. Mais le cours de GE reste plombé par sa structure d'un autre âge. Surtout depuis que le régulateur le jugeait systémique, donc dangereux pour la stabilité financière. Avec les coûts de régulation et en capital que ce redoutable statut implique.

Pour ne pas subir le sort de tous les dinosaures, le groupe a décidé de clore un chapitre de son histoire qui avait fait du numéro un mondial de l'industrie la septième banque des Etats-Unis. GE Capital et ses 500 milliards de dollars d'actifs seront donc vendus. Déjà 26 milliards de dollars d'actifs immobiliers sont cédés à de grands noms de la Finance américaine, Blackstone et Wells Fargo en tête.

7 des 17 milliards de profits de GE

Le reste suivra: activité de carte de crédit, de crédit à la consommation et aux entreprises. Ce n'est pas du petit business: tout cela pèse 7 des 17 milliards de dollars de profits opérationnel du groupe. Notez en outre que cela signifie que les activités de GE Capital en France, tournées vers les services financiers aux entreprises, sont concernés. Un beau sujet de réflexion pour les banques de la place, qui ont toutes des ambitions dans ce secteur.

Depuis ces annonces, dont celle d'un retour de 90 milliards de dollars aux actionnaires, le cours de General Electric a bondi de plus de 12%, soit 28 milliards de capitalisation. C'est dire si pour le marché, les temps sont au pure-players, même pour les plus incontestables stars de la cote. 

Philippe Mudry, édité par N.G.