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Assurance : un bon millésime 2019 mais des défis à relever

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Une étude de Deloitte souligne l’influence croissante des nouvelles technologies dans le secteur et la nécessité absolue de s’y adapter.

Le secteur assurantiel devrait boucler l’année dans le vert, « porté par des conditions financières favorables, une politique de réduction des coûts et une stratégie commerciale déployée autour de produits moins consommateurs en capital », souligne l’étude annuelle de Deloitte sur la question.

« La tendance générale s’oriente vers une croissance globale du chiffre d’affaires et du résultat opérationnel toutes branches confondues (autour de 4%). Ce regain de l’activité est également confirmé du point de vue des actionnaires avec une augmentation de 6% en moyenne de leur taux de dividendes », peut-on lire.

L’étude de Deloitte souligne également l’influence croissante des nouvelles technologies dans le secteur et la nécessité absolue de s’y adapter.

« La digitalisation des métiers et l’IA bouleversent tant les business models que les comportements clients obligent les assureurs à adapter leur stratégie. Bien que déjà intégré dans l’environnement technologique et la stratégie des assureurs, le Cloud est appelé à poursuivre son développement avec la modernisation des systèmes d’information et la migration de nombreuses applications », soulignent les auteurs.

IA et Cloud doivent être sécurisés

IA et cloud constituent les deux leviers du business futur « au-delà des réductions de coûts ». « Grâce aux capacités avancées de traitement et d’analyses de données du Cloud, les assureurs pourront améliorer leur processus de décisions métier et obtenir un avantage concurrentiel en extrayant le maximum de valeur de leurs données », indique Eric Meisterman, Associé Conseil, responsable du secteur Assurance chez Deloitte.

D’ailleurs, il semble que les acteurs associent des moyens à leurs ambitions puisque « 30 % des sociétés interviewées avaient ainsi investi plus de 5 millions de dollars dans les 12 derniers mois et 34 % entre 1 et 5 millions pour lancer des projets d’IA. Les champs d’application concernent principalement la transformation de l’expérience client vers plus de personnalisation et d’interaction, mais aussi des solutions prédictives pour cibler plus efficacement et engager une meilleure offre, ainsi que des applications liées directement à l’excellence opérationnelle avec notamment comme priorité la lutte contre la fraude ».

Si l’intention est louable, elle doit absolument s’accompagner d’un fort tropisme sécuritaire, souligne l’étude. « Les outils numériques et leurs applications exposent davantage les assureurs aux cyber menaces. Ainsi, la sécurité des données est devenue une préoccupation majeure confortée par une augmentation du risque de 74% dans les secteurs de la finance et de l’assurance ces 2 dernières années. Dans ce contexte la France et l’Europe se sont dotées d’un cadre législatif et d’un arsenal de réglementations nationales et internationales pour accompagner et encadrer les entreprises, en particulier les assureurs, dans leur gestion de ces risques cyber et de la protection des données ».

Nouveaux acteurs, nouveaux talents

« Les fonctions conformité, risque et contrôle des organismes d’assurance seront un axe central de la politique de supervision ainsi qu’un enjeu sociétal majeur dans les prochaines années », observe Julien Maldonato, Associé Conseil, Industrie Financière chez Deloitte.

Reste que la sécurité est un enjeu mais à la fois une opportunité pour les assureurs. « L’émergence des cybermenaces crée un nouveau marché, celui de la cyber assurance, qui pourrait doubler d’ici 2020 pour atteindre les 20 milliards de dollars ».

Dans son étude, Deloitte souligne également la montée en puissance et l’influence des nouveaux acteurs FinTechs et InsurTechs, « qui bousculent le marché avec un modèle et des produits novateurs ». « Les assureurs doivent également accélérer leur rythme d’innovation pour proposer de nouveaux produits d’assurance personnalisés. Il s’agit pour eux de profiter de cette tendance pour rester pertinents, de s’allier pour proposer des approches différenciantes et d’offrir un écosystème de services et de produits innovant. Le changement de culture d’entreprise, la modernisation des systèmes d’information existants et la capacité à exploiter les données pour piloter de nouveaux produits, seront les préalables nécessaires pour pouvoir répondre à ces nouveaux besoins », peut-on lire.

Conséquence de tous ces changements, les besoins en ressources humaines évoluent « et impose aux assureurs de formaliser en face une stratégie de talents (…) et recruter de nouveaux profils, tels que des data scientist. L’étude souligne également que le recours à des formes de collaborations externes peut s’avérer une alternative intéressante pour attirer les meilleurs talents ».

Olivier CHICHEPORTICHE