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Micro-entrepreneuriat : beaucoup d’émules mais peu de revenus

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Une étude de l’Insee s’intéresse à l’essor des indépendants depuis une quinzaine d’années. Mais les situations financières divergent en fonction des statuts.

Le grand retour des indépendants se confirme. Dans une étude publiée ce jeudi, l’Insee dresse le tableau de ce statut qui concernait, en 2016, 3,1 millions d’actifs en emploi en France, avec des profils variés : agriculteurs, maçons, médecins, dirigeants de PME ou de grandes entreprises, chauffeurs de taxi, artistes, etc.

Première indication, le statut d’indépendant a de nouveau le vent en poupe. Ce qui était une référence dans les années 1930 avait peu à peu laissé la place au salariat, plus protecteur. La baisse du nombre d’indépendants non-salariés a perduré jusqu’à la fin des années 1990. Depuis une quinzaine d’années, la courbe a repris sa croissance. « Les transformations de l’environnement économique, notamment le recours grandissant des entreprises à l’externalisation ainsi que la création, sur la période récente, de plateformes d’intermédiation, ont contribué à l’extension du travail indépendant » explique l’Insee.

860 000 micro-entrepreneurs

Mais c’est surtout à partir de 2009, et la création du statut d’auto-entrepreneur, que les indépendants vont grossir la part des actifs français. En 2014, le micro-entrepreneuriat remplace l’auto-entreprenariat. En 2016, on comptait 860 000 micro-entrepreneurs économiquement actifs en France (hors Mayotte). « Dans certaines professions, le micro-entrepreneuriat a supplanté les formes traditionnelles d’emploi indépendant en l’espace de quelques années, » souligne l’étude.

En revanche, cet essor peine à trouver son modèle économique. Quel que soit le secteur non agricole, le micro-entrepreneuriat rapporte peu : 75 % des micro-entrepreneurs économiquement actifs perçoivent moins de 680 euros mensuels. Généralement, les micro-entrepreneurs doivent cumuler avec des indemnités de chômage ou une pension de retraite.

La situation est plus prospère pour les professions libérales, notamment grâce à la présence des activités médicales (6 900 euros mensuels nets de revenu médian pour les médecins et les dentistes) ou les métiers juridiques.

Dépendance

En avril dernier, l’Insee soulignait dans une autre étude « qu’un travailleur indépendant sur cinq est économiquement dépendant d’une relation avec un client, une organisation en amont ou un intermédiaire ». En d’autres termes, la rupture de cette relation remettrait en cause la survie de leur entreprise. Dans les détails, 10% des indépendants dépendent exclusivement d’un client tandis que 7% dépendent d’une relation amont (groupement, centrale d’achat ou coopérative, franchis…) et 4% dépendent d’un intermédiaire.