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Valls prêt à faire lever par les forces de l'ordre les blocages des ports, raffineries et aéroports

Les routiers continuent leur mouvement de grève (photo d'illustration).

Les routiers continuent leur mouvement de grève (photo d'illustration). - Charly Triballeau - AFP

"Nouvelle journée de contestation ce jeudi 19 mai. Le climat reste tendu et le trafic est perturbé."

Les opposants à la loi Travail maintiennent la pression avec la suite des grèves à la SNCF ou chez les routiers, et de nouvelles manifestations, dans un contexte toujours tendu.

"L'opinion publique soutient ce mouvement social en continuant d'affirmer très majoritairement son opposition à ce projet de loi synonyme de reculs sans précédents", relèvent la CGT, FO, Solidaires, la FSU, l'Unef, la FIDL et l'UNL. "La mobilisation, loin de faiblir, va se poursuivre et s'amplifier jusqu'au retrait du projet de loi Travail et l'ouverture de véritables négociations pour l'obtention de droits nouveaux pour tous les salariés", assurent-elles.

Une attitude qui inquiète le gouvernement, surtout face aux violences de ces derniers jours. Manuel Valls a déclaré ce jeudi matin sur RTL que les syndicats "doivent s'interroger sur la pertinence" de certaines manifestations.

Il va même plus loin puisqu'il se dit prêt à faire lever par les forces de l'ordre les blocages des ports, raffineries et aéroports. Interrogé pour savoir s'il était prêt à faire dégager les accès, il a répondu: "Mais bien sûr, l'accès aux ports, l'accès aux centres névralgiques économiques, l'accès aux aéroports doit être possible et on ne peut pas tolérer ces barrages, même si c'est une difficulté supplémentaire pour les forces de l'ordre".

Manifestation à Paris

À Paris, le cortège s'ébranlera à 14h de la place de la Nation en direction de la place d'Italie. Pour encadrer le cortège, les services d'ordre des syndicats, violemment pris à partie une semaine plus tôt, vont venir en nombre et équipés de "matériel varié", selon une source syndicale. Fait inédit depuis le début de la mobilisation en mars, mardi certains étaient armés de bâtons et matraques pour répondre aux casseurs. Le préfet de police de Paris Michel Cadot a mis en garde les syndicats. Il est "inquiétant" et "pas souhaitable" que les SO aient sur eux des matraques ou des bâtons, a-t-il dit.

Grève des routiers

Parallèlement, des grèves de routiers et de cheminots, entamées en début de semaine, vont appuyer le mouvement. Au Havre, plusieurs points de blocages sont prévus en début de matinée. Le dépôt de Notre-Dame-de-Gravenchon devrait être touché. À Argentan, près de Caen, la CGT a appelé à une opération escargot. Tandis qu’à Rennes, la zone industrielle de la route de Lorient devrait être bloquée, ainsi que le dépôt de carburant de Vern sur Seiche. Enfin, à Nantes, le site Total de Donges devrait rester bloqué, de même que la zone industrialo-portuaire de Saint-Nazaire et du port de Cheviré. Des blocages sont également prévus à Marseille, Toulouse et Metz.

Sur RTL, le Premier ministre a assuré vouloir "rassurer" les routiers sur le fait que la loi Travail n'aurait "pas de conséquences" sur leur rémunération y compris sur les heures supplémentaires. "Moi je veux rassurer les conducteurs (...) il n'y a pas de conséquences" du projet de loi "sur la rémunération des routiers, sauf accord de branche signé par une majorité des organisations syndicales", a déclaré le Premier ministre en accusant la CGT et FO, "qui sont minoritaires dans le transport routier", de vouloir "attiser les inquiétudes en faisant croire que la loi Travail mènerait à baisser la rémunération des heures supplémentaires des routiers" à "10% au lieu de 25%".

2 TGV sur 3 roulent

La grève à la SNCF était suivie jeudi par 13,8% des salariés, tous métiers confondus. En moyenne, 50% des liaisons TER et 40% des Intercités devaient être assurées, deux TGV sur trois, avec de fortes disparités. Et en Ile-de-France, trois RER sur quatre et six Transilien sur dix. En région parisienne, la SNCF notait "un petit sursaut" sur le RER E, où 1 train sur 2 circulait, contre 1 sur 3 mercredi. Sur le réseau régional, des bus de substitution ont souvent été mis en place.

15% des vols annulés à Orly

Un appel à la grève des contrôleurs aériens devrait légèrement affecter le trafic jeudi. La Direction générale de l'Aviation civile (DGAC) a demandé aux compagnies aériennes d'annuler préventivement 15% de leurs vols à Orly. En fin de journée, une intersyndicale doit fixer une nouvelle date de mobilisation.

D. L. avec AFP