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Loi Travail: les grèves pénalisent fortement Total

Des raffineries sont toujours bloquées ce mercredi 1er juin (photo d'illustration).

Des raffineries sont toujours bloquées ce mercredi 1er juin (photo d'illustration). - Charly Triballeau - AFP

"Le groupe pétrolier estime que les grèves dans les raffineries coûtent "plusieurs dizaines de millions de dollars par semaine". De son côté, Manuel Valls a évoqué son "sentiment de gâchis" au sujet de l'impact économique du conflit social."

Les grèves dans les cinq raffineries françaises de Total, menées par des opposants à la loi Travail, coûtent cher au groupe pétrolier. "Financièrement, cela représente tout d'abord une perte de l'ordre de plusieurs dizaines de millions de dollars par semaine", a indiqué Michel Charton, le directeur du raffinage européen chez Total, dans un document interne que s'est procuré l'AFP.

Quatre raffineries de Total étaient complètement arrêtées jeudi (Normandie, Donges, Grandpuits et Feyzin) tandis que celle de La Mède (Bouches-du-Rhône) tournait à 80% de ses capacités et expédiait ses carburants par oléoduc.

Des dommages plus que financiers

"Mais les dommages vont au-delà: c'est globalement un coup d'arrêt aux efforts menés depuis quatre ans par les équipes pour faire progresser notre taux de disponibilité, sécuriser notre outil industriel, rechercher des clients et les fidéliser...", a souligné Michel Charton.

Le 24 mai, le PDG de Total, Patrick Pouyanné, avait menacé de "réviser sérieusement" les investissements du groupe dans son activité de raffinage en France, en pleine restructuration pour la rendre bénéficiaire. Le groupe a prévu d'investir 400 millions d'euros pour moderniser le site de Donges (Loire-Atlantique) et 200 millions pour reconvertir celui de La Mède vers la production de biocarburants, moyennant la suppression sur ce dernier de 180 postes.

Sentiment de gâchis

De son coté, Manuel Valls a déclaré: "Oui, ce conflit peut peser sur notre économie, au moment où l'action du gouvernement permet la reprise, la croissance et la baisse du chômage. Et j'ai parfois, oui, un sentiment de gâchis, face à cette situation où le moral des ménages connaît un bond sans précédent que certains risquent de dévaloriser", a plaidé le chef du gouvernement à l'Assemblée nationale, en réponse au député communiste André Chassaigne (Puy-de-Dôme).

"Quand on veut défendre les salariés, on n'oublie pas ceux qui grâce à l'action du gouvernement retrouvent un emploi", a-t-il lancé au chef de file des députés Front de Gauche. Le Premier ministre a de nouveau "condamné" les "blocages et les violences", citant notamment celles contre les permanences parlementaires et les forces de l'ordre.

D. L. avec AFP