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Les entrepreneurs se sentent pris pour des "pigeons"

Les pigeons, photo de profil du "Mouvement de défense des entrepreneurs français".

Les pigeons, photo de profil du "Mouvement de défense des entrepreneurs français". - -

Des milliers d’entrepreneurs mécontent du projet de Budget 2013 se saisissent des réseaux sociaux pour dire leur colère. Participant à ce mouvement qui prend de l’ampleur ce 1er octobre, Olivier Bernasson, un entrepreneur de gauche, dit sa honte et son incompréhension.

Les entrepreneurs s’indignent sur internet, au lendemain de la présentation du projet de budget 2013. Par le biais des réseaux sociaux, ils sont des milliers à dire leur inquiétude. La page Facebook qu’ils ont créée a atteint les 4000 "like" en trois jours. Dans leurs rangs notamment, Marc Simoncini, fondateur de Meetic, invité ce matin sur BFM Business (vidéo ci-contre). 

Se désignant eux-mêmes sous le terme de "pigeons entrepreneurs", ils reprochent surtout au gouvernement la brutalité de l'alignement de la taxation des revenus du capital sur ceux du travail. Parmi ces cris d'alarme, il y a notamment ce long texte publié sur le blog d'un entrepreneur auvergnat.

Le "risque de risquer" en péril

Il s'appelle Olivier Bernasson. Son secteur, c'est l'économie numérique. Et donc, au lendemain de la présentation du projet de budget, il écrit une lettre ouverte à son député. "Monsieur le député, je suis un entrepreneur qui crée des emplois, qui paie des taxes, génère de la TVA, qui fait la promotion de son territoire... Bref, dit-il, je crois être l'un de vos électeurs qui crée de la valeur".

"Si mon entreprise s'est développée et créé des emplois, dit-il, c'est aussi parce que des capitaux risqueurs ont pris le ‘risque de risquer’ en investissant dans notre entreprise". Or, ajoute l’entrepreneur, "quand on risque, on perd plus souvent qu’on ne gagne. Et quand on gagne… On peut prendre de nouveaux risques ! C’est ce qui fait tourner la machine", assène-t-il.

Un "coup fatal" à l'investissement

Olivier Bernasson revendique sa sensibilité de gauche. Mais là, il dit avoir "la gueule de bois" et "un peu honte aussi". Honte de s'être battu pour convaincre d'autres chefs d'entreprise de voter socialiste au printemps. Il regrette d'avoir été stigmatisé, reproche ces mesures annoncés qui portent dit-il un "coup fatal" à l'entreprenariat et à l'investissement en France.

Au terme de sa lettre, l'entrepreneur, dépité, interpelle son élu : "Comment se reconnaître dans un pays qui limite la prise de risque créatrice d'emplois, pour inciter au placement dans une toile de maître"? "Comment se motiver pour avancer quand tout va mal et qu'on n'a même plus le rêve comme béquille"?

Le titre de l'encadré ici

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LE DEBAT DES PATRONS SUR LE WEB

> Le projet de loi de finances

> L’origine du mouvement

> La page des pigeons

> Le débat sur Twitter

> L’entrepreneur de gauche déçu

> L’entrepreneur qui tempère

L’universitaire qui relativise

Le jeune entrepreneur qui s’inquiète

> Le blog politique / désintox

> Le "pigeon" anti-manifestation

Pauline Tattevin et BFMbusiness.com