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Le boom de l'apprentissage se confirme mais les jeunes des quartiers pauvres encore peu concernés

Sur BFM Business, Patrick Toulmet, Délégué interministériel au développement de l'apprentissage, souligne que les jeunes des quartiers pauvres sont peu présents dans les cursus.

C'est une progression sans précédent et ce malgré la crise liée au covid. En 2020, le nombre d’entrées en apprentissage s'est hissé à 525.600, soit une hausse annuelle de 42%.

L'apprentissage devient une filière d'excellence et pas seulement dans les métiers manuels. Alors que les contrats permettant de préparer une formation dans l'enseignement supérieur comptaient pour un peu moins de 4 entrées sur 10 en 2018, ils en représentent près de 6 sur 10 en 2020.

"On craignait la catastrophe", commente Patrick Toulmet, délégué interministériel au Développement de l'apprentissage, qui était invité dans Good Morning Business ce jeudi. "Mais des mesures financières sans précédent ont été prises".

Pour autant, il reste de la marge, estime le responsable, notamment dans les quartiers prioritaires de la ville où seulement 6% des jeunes sont en apprentissage.

"Les CFA (centres de formation d'apprentis, NDLR) ne sont pas tous pleins, c'est pas normal. Mon centre à Bobiny, sur une capacité de 3000 apprennants, j'avais 1500 élèves. Je pense qu'on les a abandonnés à une époque et ces jeunes ne vont plus dans les missions locales, ne viennent plus voir Pôle Emploi. Ils ont perdu le dialogue avec les politiques et il faut reconnaître que certains jeunes ne nous aiment pas. Il faut aller les chercher, il y a des pépites, et les encourager à faire un métier".
Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business