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Jean-Claude Mailly: "FO n'est pas une organisation qui va toujours dire non"

Jean-Claude Mailly était l'invité de BFM Business ce lundi

Jean-Claude Mailly était l'invité de BFM Business ce lundi - BFM Business

Invité de BFM Business ce lundi, le secrétaire général de Force ouvrière est revenu sur la première manifestation contre la réforme du code du travail qui aura lieu mardi et à laquelle il ne prendra pas part. Il a ainsi bien affiché sa différence avec la CGT.

Le premier test de la rue pour Emmanuel Macron aura lieu mardi. La CGT a en effet appelé à manifester contre la réforme du code du travail dont les ordonnances ont été publiées il y a deux semaines. Cette manifestation, le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, n'y sera pas.

"Demain je serai à une réunion syndicale européenne à Bruxelles", confie-t-il ainsi à BFM Business ce lundi. Le numéro un du syndicat n'a en effet pas appelé à manifester contre ce texte, au contraire donc de la CGT. Pourtant, sept fédérations et cinquante unions départementales de FO rejoindront quand même le syndicat de Philippe Martinez.

"FO est une organisation où la liberté n'est pas un vain mot. Il arrive que l'on appelle à participer à des manifestations et que certains ne veuillent pas y aller. Il arrive que l'on n'appelle pas à manifester et certains y vont quand même. C'est ce que l'on appelle le fédéralisme dans le jargon syndical", fait-il valoir.

"Un problème de crédibilité"

Jean-Claude Mailly a toutefois expliqué sa position, et ainsi marqué ses distances avec la CGT. "À partir du moment où l'on a obtenu une concertation il fallait y aller. D'autres ont choisi d'appeler à une journée de mobilisation sans rien demander à personne, c'est leur responsabilité. Mais on ne pouvait pas dire 'j'appelle à mobiliser mais je veux aussi la concertation', car il y a un problème de crédibilité à un moment donné". Et Jean-Claude Mailly de souligner que "FO génétiquement est un organisation réformiste et exigeante. Nous ne sommes pas des bénis oui-oui. Nous ne sommes pas une organisation qui va toujours dire non de la même manière qu'on ne dit jamais toujours oui (sic)".

Jean-Claude Mailly a par ailleurs été invité à réagir sur les mots durs employés par Emmanuel Macron qui avait affirmé, la semaine dernière en Grèce, qu'il ne céderait "rien ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes". Interrogé sur l'utilisation du terme "fainéant", le leader de FO estime que "ce sont des mots qu'on ne doit pas employer. D'une manière ou d'une autre c'est blesser inutilement", mais s'il précise bien "ne pas se sentir concerné directement".

J.M.