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En conflit avec le gouvernement, le patronat continue de se mobiliser

Jean-François Roubaud (CGPME) et Pierre Gattaz (Medef) seront une nouvelle fois réunis dans le cadre d'une "mobilisation pour l'entreprise".

Jean-François Roubaud (CGPME) et Pierre Gattaz (Medef) seront une nouvelle fois réunis dans le cadre d'une "mobilisation pour l'entreprise". - Philippe merle - AFP

VIDEO - Le Medef, la CGPME et l'UPA se réunissent ce mercredi 3 décembre à Lyon, alors que les relations avec l'exécutif semblent se détériorer de jour en jour.

Ce mercredi 3 décembre marquera le point d'orgue de la semaine de mobilisation patronale, avec un meeting commun de l'UPA, du Medef et de la CGPME à Lyon. Une mobilisation qui ne plaît guère au gouvernement. La veille, Emmanuel Macron a ainsi rappelé à l'ordre le Medef, affirmant que les négociations sur le Pacte de responsabilité étaient un échec et que Pierre Gattaz, le président de l’organisation patronale, en était responsable.

Entre le gouvernement et le patronat, le ton monte, et la pression aussi. L’exécutif estime en effet que puisque des efforts sans précédent sont faits pour les entreprises, ces dernières doivent faire leur part du travail. Alors lorsque les patrons descendent dans la rue, les ministres montent donc au créneau. Outre Emmanuel Macron, Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement, a ainsi estimé dimanche qu’il existait un "problème Gattaz". Il fustigeait alors des propos du patron du Medef remontant au 30 octobre, par lesquels il avait appelé la France à sortir d'une convention de l'Organisation internationale du travail (OIT) qui oblige à justifier un licenciement.

Valls dénonce des "provocations", Gattaz se défend

Mardi, le Premier ministre est même monté au créneau devant les députés français, dénonçant les "provocations" de certains "dirigeants du patronat", qui ne sont "pas à la hauteur de leurs responsabilités". "Quand la Nation, à travers le Parlement, consent et va consentir un effort de 40 milliards d'euros pour les entreprises, pour la compétitivité, pour baisser la fiscalité et pour baisser les charges, chacun doit être à la hauteur de ses responsabilités", a en effet déclaré Manuel Valls dans une allusion aux baisses d'impôts et de cotisations dont doivent à terme bénéficier les entreprises.

Pierre Gattaz, quant à lui, se défend dans une interview à paraître mercredi dans Le Progrès. Il y évoque le "ras-le-bol des promesses non tenues du gouvernement, qui continue d'augmenter les impôts alors qu'il nous parle d'une baisse de 40 milliards. Et qui continue, malgré les discours pro-entreprises de Manuel Valls, d'imposer des mesures concrètes opposées à ses discours: la pénibilité, la loi Hamon sur la cession des entreprises, et le temps partiel à 24 heures minimum". L'ambiance affichée fin août, lorsque Manuel Valls avait lancé son "j'aime l'entreprise" suscitant la réaction enthousiaste de Pierre Gattaz, semble donc bien loin.

Y.D. avec AFP