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Ayrault en campagne pour relancer la compétitivité à moindre frais (vidéo)

Jean-Marc Ayrault veut montrer que la compétitivité n'est pas qu'une affaire de baisse de charges

Jean-Marc Ayrault veut montrer que la compétitivité n'est pas qu'une affaire de baisse de charges - -

Ce matin, le Premier ministre s’est déplacé à Bouguenais, aux abords de Nantes, pour visiter un institut dont le modèle pourrait servir d’inspiration au plan de compétitivité que prépare le gouvernement. Ou comment privilégier d’autres leviers que ceux qui concernent le coût du travail… Mise à jour à 14h50 -Reportage TV: Jeremy Brossard

Ce lundi 15 octobre, Jean-Marc Ayrault va trouver l’inspiration dans ses terres. A Bouguenais, tout près de Nantes, il visite un Institut de recherche technologique (IRT), dont le principe clé de compétitivité est de rassembler entreprises et laboratoires sur un même lieu. Sont conviés le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, la ministre de l'Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, la ministre déléguée aux PME, Fleur Pellerin, et le commissaire général à l'investissement, Louis Gallois… dont on attend un rapport sur la compétitivité le 5 novembre.

Le Premier ministre veut donc marquer le début d’une grande campagne gouvernementale sur le thème de la compétitivité française. Mais à sa façon. Car déjà, Matignon a prévenu que le "choc" attendu par les entreprises sur une baisse du coût du travail, ne sera pas au rendez-vous. Jean-Marc Ayrault préfère parler de "trajectoire de compétitivité".

Le choc, selon le gouvernement, a déjà eu lieu. Et la pilule fiscale serait déjà suffisamment dure à passer pour les Français pour ne pas y revenir (voir encadré). Surtout, dans un contexte de croissance quasi-nulle, Matignon n’aurait aucune envie de toucher au pouvoir d’achat et risquer de plomber encore la situation économique.

La direction "hors coût" choisie par le gouvernement fache le Medef

Si, jusqu’ici, le débat sur la compétitivité s’est focalisé sur le coût du travail, et une hausse de la CSG pour compenser les baisses de charges, il semble donc que le gouvernement Ayrault ait décidé de présenter les choses autrement.

Côté socialistes, on sait les réticences fortes quant à un transfert des prélèvements des entreprises sur les ménages. Coupler la baisse des cotisations sociales à la hausse de CSG "ponctionnera le pouvoir d'achat des ménages", affirme Christian Eckert. Karine Berger, députée socialiste et secrétaire nationale à l'économie au PS, évoque même une mesure qui serait "antiéconomique".

A Matignon, on souhaite ainsi valoriser d’autres leviers, comme l’intégration entre la recherche et les entreprises (dont le gouvernement doit agréablement constater ce matin la mise en application à l’IRT Jules Verne de Loire-Atlantique), la simplification des normes, l’innovation ou encore le financement des PME, de l’exportation…

Le coût du travail, ne fera pas tout, tient donc à démontrer Jean-Marc Ayrault, même si rien n’est encore arbitré assure-t-on. Cette direction "hors coût" privilégiée par le gouvernement n’est sans doute pas étrangère à l’invective de la présidente du Medef, Laurence Parisot, dans son interview publiée aujourd’hui dans Le Figaro, où elle réclame 30 milliards d’allégements de charges.

Le 5 novembre, Louis Gallois remettra un rapport qui doit apporter des réponses concrètes au besoin de relance de la compétitivité française. Juste après, Jean-Marc Ayrault a déjà annoncé qu’il réunira un "séminaire gouvernemental" à Matignon avec l'ensemble des ministères pour agir sur ce sujet. Le gouvernement sait qu’il ne doit pas rater la marche.

Le titre de l'encadré ici

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Justifications fiscales de Jean-Marc Ayrault

Vendredi, Ouest-France Entreprises interviewait le Premier ministre, lors de son déplacement au Conseil du département de Loire-Atlantique : "Si nous avons fait une réforme fiscale, c'est pour favoriser l'investissement, favoriser l'innovation, favoriser la prise de risques, mais pas pour financer la rente !", a-t-il expliqué. "Nous ne reviendrons pas sur le principe selon lequel le capital doit être imposé au même niveau que le travail".

Il a toutefois convenu d'un récent retour en arrière… "Si nous avons apporté des modifications au texte initial (de taxation des plus-values), c'est pour lever toute ambiguïté. L'argent doit aller à l'innovation, à l'emploi. Tout ce qui le favorisera, nous l'aiderons".

Delphine Sabattier